« CARTES MUETTES », L’ART MAGIQUE DU CONTE

lebruitduoff.com – 16 juillet 2026

CARTES MUETTES – Pietro De Nova et Maurizio Zucchi – Il Milione et Teatro Stabile de Catagne – Théâtre Transversal – 4 au 25 juillet à 21h00 – durée 1h.

Un tout petit espace. Comme une caverne à secrets. Quelques sacs en toile de jute. Peut-être des gri-gris cachés. Des lanternes pour la nuit. Trois fois rien. Et nous voilà ailleurs. Et cette brume. De chaleur ou de mystère. C’est la boutique. Le petit stand de marché. Le petit souk à leur manière. Ces lieux où l’on se rencontre. Où l’on palabre. Où va la vie. Eux ce sont Ponent et Levant. L’est et l’ouest. Opposés et complémentaires. Deux marchands. Faux frères. Faux ennemis. Explorateurs de pacotille mais vrais rêveurs devant l’éternel. Poètes malgré eux. Inventeurs de fortune. Et bavards à l’infini. Pour nous vendre des merveilles. Du toc. Et du rêve. Carte muette c’est leur secret. Une carte où rien ne serait inscrit. Où tout serait à découvrir. Au gré des envies. Des rencontres. Du jour ou de la nuit. D’ici. D’ailleurs. De partout. Une carte de liberté. Pour partir courir le monde. Tout comme Colomb. Marco Polo. Ou Vespucci. Amerigo Vespucci, Florentin, commerçant, navigateur et explorateur. Tout le portrait rêvé de nos deux héros. Marchands d’illusions. Explorateurs de bazar. Capables de s’inventer un chemin en italien. En mandarin du sud. En russe ou en quelque dialecte inconnu très sûrement imaginé. Ce sont finalement de grands inventeurs d’histoires. Un peu philosophes parfois. De ces contes truculents qui font rêver et voyager. Trois bouts de ficelle. Et le tour est joué. Tout est question de rythme. Et de musique. Alors on vend. Des bricoles. Des trésors. Des merveilles. Horloge à double aiguille. Casquette de contrôleur haute en couleur. Casque cycliste pour une course sans fin. Et cette carte muette. Toujours. Avec des noms très étranges. Des chiffres et des symboles. Magie de l’imaginaire. Un pas suffit parfois pour changer d’horizon. De point de vue. La carte dessinée sur le sable du désert. Le sel. Denrée précieuse. Comme un talisman. Un bien précieux. Juste ça. Un peu de sel. Alors partir à pile ou face. Rester. Tomber. Faire tournoyer les mots. Laisser danser les mots au fil du récit. Avant la tempête se regarder encore. Et savoir où l’on est.

Les deux acteurs nous emmènent en voyage avec toute la musique de leur bel accent italien. Ils sont vifs. Truculents. Touchants. Un regard. Un geste. Une grimace. Un rire et tout s’illumine de poésie. Et l’on se prend au jeu de  ce spectacle d’une belle simplicité. Deux conteurs complices comme il en existait. Malicieux et bienfaisants. Un moment à part. Suspendu dans le tumulte du monde.

Arthur Lefebvre

Attention, nos commentaires sont modérés : pas d'auto-promo ou de pub déguisée, ça ne passera pas. Pas plus bien sûr que les insultes. Merci.