« LÀ PERSONNE » : GEOFFREY ROUGE-CARRASSAT SIGNE UN SEUL-EN-SCÈNE D’UNE GRANDE MAÎTRISE ET DE PORTÉE UNIVERSELLE

lebruitduoff.com – 17 juillet 2026
« Là personne » – Conception, texte et interprétation Geoffrey Rouge-Carrassat – Théâtre des Halles – du 4 au 25 juillet 2026 à 16h40 – Relâche les mercredis 15 et 22 – durée 1h10.
L’emprise ne s’impose jamais par la force. Elle s’installe doucement, jusqu’à devenir presque invisible. Avec « Là personne », Geoffrey Rouge-Carrassat explore cette mécanique insidieuse dans un seul-en-scène d’une intensité croissante. Un imposant mur de parpaings en polystyrène ferme l’espace scénique. Dans cette atmosphère feutrée, Geoffrey Rouge-Carrassat est seul à porter un récit dont l’intensité ne cessera de monter.
Peu à peu, le personnage abandonne toute forme de libre arbitre. Ses décisions, ses gestes, jusqu’à sa manière d’habiter son quotidien semblent désormais dépendre de cette étrange présence qu’il désigne simplement comme une tache jaune, parfois grise, qui l’observe depuis son jardin. Geoffrey Rouge-Carrassat ne personnifie jamais l’emprise. Au contraire, il choisit de lui donner une forme abstraite, presque insaisissable. C’est toute la subtilité de son écriture, cette présence silencieuse finit par envahir l’espace mental du personnage, jusqu’à ce qu’il ne vive plus qu’à travers elle et pour elle.
Sans artifices, Geoffrey Rouge-Carrassat captive par la précision de son jeu. Son visage devient son principal terrain d’expression, passant en un instant de la docilité à l’impatience, puis à la colère, révélant avec une grande finesse les mécanismes insidieux de l’emprise. Le spectacle gagne progressivement en intensité jusqu’à un final aussi saisissant que symbolique, qui rappelle avec force que l’emprise laisse des traces profondes, même lorsque l’on croit y avoir échappé.
En refusant de personnifier cette tache, Geoffrey Rouge-Carrassat donne à son propos une portée universelle. L’emprise peut prendre bien des visages… ou n’en avoir aucun. Porté par une performance d’une grande maîtrise et par la présence magnétique d’un comédien-conteur, Là personne est un seul-en-scène aussi intelligent que profondément troublant.
Béatrice Stopin
Photo Lou Rousseau Fouchs






























Vu à sa création au printemps 2026 déjà aux Théâtre des Halles.
j’y suis allé magnétisé par le merveilleux auteur-comédien d’une trilogie très variée jouée au Théâtre Avignon-Reine Blanche les années précédentes : « Conseil de Classe-Le roi du silence-Dépôt de bilan » . L’impression était celle d’un discours et d’un jeu maîtrisés jusqu’à la fascination !
Mais cette fois-ci il pousse très loin une forme d’abstraction ou de symbolisme à laquelle j’ai eu du mal à adhérer . Moins saisi par le mystère des décors et du récit , j’avais fini par perdre le fil du récit et de ses intentions au point d’éprouver une impression de longueur, absente lors de la trilogie…Mais peut être que cela vient de moi car ses inconditionnels lui avaient fait un triomphe . En tout son regard est toujours aussi troublant . Faites vous votre propre idée .