« AU PLUS PRES DE CES VOIX », UN HOMME ORDINAIRE

lebruitduoff.com – 19 juillet 2026
« Au plus près de ces voix » – Texte Chahla Chafiq – Adaptation Jean-Paul Sermadiras – Mise en scène Gilles David (Sociétaire de la Comédie-Française) – Théâtre de la Porte Saint-Michel – Du 4 au 25 juillet à 18h30 – Relâche les mercredis 8, 15 et 22.
Alors que certaines pièces ressemblent souvent à une immense fresque où les héros occupent tout le cadre, « Au plus près de ces voix » choisit l’inverse. Elle s’attarde sur un homme ordinaire, de ceux qui pensent que survivre consiste parfois à regarder ailleurs, au moins pour protéger les siens. Jusqu’au jour où le destin d’une femme, première à avoir défié un ordre établi en retirant son voile, fait voler en éclats cette confortable distance.
Gilles David signe une mise en scène qui ne cherche jamais à faire du bruit. Il préfère laisser le spectacle respirer, comme si chaque silence avait davantage de poids qu’un long discours. Rien n’est démonstratif et tout semble avancer à hauteur d’homme, avec cette pudeur qui donne parfois plus de force aux émotions que les grandes envolées théâtrales. Il ne raconte pas seulement une révolte ; il montre le moment presque imperceptible où une conscience cesse de détourner les yeux.
Jean-Paul Sermadiras compose un personnage d’une remarquable sobriété. Il ne joue pas les tourments, il les laisse apparaître dans un regard, une hésitation, un geste lent et précis, une respiration qui se suspend. Son interprétation est celle d’un homme qui sent son monde intérieur se déplacer de quelques millimètres, et c’est précisément ce déplacement qui bouleverse.
Face à lui, Salmi Elahi, chanteuse lyrique, n’est pas un simple contrepoint musical. Sa voix surgit comme un vent venu d’ailleurs. Elle traverse le plateau, presque comme un fantôme, mêlant mémoire, douleur et espérance, et ouvre des paysages que les mots ne sauraient atteindre.
Ce spectacle ne cherche ni l’efficacité immédiate ni le consensus. Il demande au spectateur de marcher à son rythme, d’accepter les détours et les silences. En retour, il offre une poésie discrète, presque fragile. C’est le genre de spectacle qui ne cherche pas à convaincre. Il préfère déposer une question dans un coin de notre conscience et la laisser grandir.
Pierre Salles






























…si on peut plus rigoler .
Allez c’est vrai ( et relisez bien mes commentaires ) : Dans l’ensemble , j’ai suivi vos recommandations, mon programme cette année était essentiellement guidé par vos 80 recommandations ( 50 + 30 ) .
vous avez multiplié les chroniques et vous avez élargi vos champs d’investigation comme jamais auparavant . En 2024 où 2025 j’avais dû vous reprocher d’être trop sévères dans la rubrique j’y vais/je fuis et cette année j’ai bien noté que seul l’accueil du figuier pourpre a eu droit à une pique certainement justifiée .
je pense que si peu de lecteurs prennent le temps de répliquer à vos articles , ceux ci sont bien lus puisqu’il me semble qu’un article booste aussitôt le spectacle concerné … et comme je suis avignonnais intra-muros , sachez que je vous suis dès l’actualisation du site et jusqu’au dernier jour !
Et il reste Vendredi et Samedi 😉
Merci à vous, cher Michel, pour nous suivre aussi fidèlement ! et oui, il reste deux jours, mais les 2/3 de nos collaborateurs sont partis !
heu…pas trop d’accord . Difficile d’éprouver de l’intérêt pour ce prof’ falot et mollasson qui éprouve bien un peu de sympathie pour les manifestantes de « femmes vie liberté » mais qui n’irait quand même pas les rejoindre dans la rue. Ça serait presque « Allez- y les filles ! Moi je reste à l’arrière parce que j’ai une entorse à la cheville et mon docteur m’a dit de pas courir.. » . Jeu statique y compris pour le fantôme de chanteuse qui ne rayonne pas vraiment , ni par les textes non-traduits , ni par la voix… Pour l’austérité, on est servi , au point de faire disparaître toute émotion ! Et pour en savoir plus sur Bab , dont l’histoire se situe il y a quelques siècles , j’ai dû consulter Wikipedia .
Quel dommage ! Pour une fois qu’une chronique ne concernait pas le « 11 » , le Train Bleu ou la Manufacture 😅
Vous devriez être plus attentif à nos fréquentations de salles, cher lecteur : outre ceux que vous citez, (c’est ‘ailleurs inexact pour La Manufacture, très peu de choses en fait) quantité de lieux sont à l’honneur chez nous, ça a dû vous échapper : Carmes, Scierie, Manutention, Halles, Golovine, Factory, Transversal, Balcon… et on en passe ! Surtout, il faut constater -et ce n’est pas de notre fait- que le 11, le Train Bleu ou La Factory ont à eux seuls chacun 60 spectacles dans ce Off, et de qualité, parce qu’eux sélectionnent, même s’ils louent leurs créneaux. La Manufacture c’est une quarantaine aussi… Du coup, forcément, on retrouve toujours les mêmes lieux pour les meilleurs spectacles du Off : c’est factuel.
un grand merci pour cette magnifique création.