8760 heures, un « concert de théâtre » à cru


(photo Marie Petry)

Drôle d’objet que ce 8760 heures, mis-en-scène par Alexis Armengol. Inclassable, certes, hybride, entre théâtre, musique et quelque chose du sketche télévisuel… Un « concert de théâtre », sacrément enlevé, rafraîchissant. Pourtant, au travers du prétexte de l’argument -une année de la vie de Yvan M., personnage fictif puisque multiple, racontée par un collage de fragments et de réminiscences, 8760 heures exactement- émergent quelques images dures, le sujet douloureux du Sida, la maladie et la mort.

Mais ici pas de mélancolie ou de tristesse. Au contraire, c’est d’une drôlerie irrésistible, souvent, même si affleurent quelques douleurs. La troupe, remarquablement complice, sait nous emmener où elle veut, nous balader dans son univers doux-dingue et surréalisant, toujours contemporain. Une manière bien à elle de traiter de la gravité de la vie sans y toucher. Et ça fonctionne. Il faut dire que le spectacle tient par une invention visuelle permanente et un travail musical réellement scotchant. La chanteuse-comédienne-compositrice, Camille Tropheme, en particulier, est vraiment époustouflante de présence et de musicalité. Une voix, un ton, des comédiens rôdés et qui s’amusent ensemble, il n’en faut pas plus pour emmener le spectateur dans cette tragi-comédie décalée.

Retenez le nom de la compagnie, Théâtre à Cru, le bien nommé. Et allez-y, une découverte que ce 8760 heures qui ne vous décevra pas une minute.
(A la Manufacture, à 17.45 h.)

M.R.

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