A la Une : Baal de François Orsoni

Baal est la première pièce du jeune Bertolt Brecht, écrite alors qu’il avait à peine 20 ans. Au sortir de l’énorme boucherie que fut la Grande Guerre, le jeune homme, traumatisé sans doute par ce qu’il a vécu en tant qu’infirmier, fait le pari d’écrire un texte sur la figure du poète, rebelle, asocial, anti-héros par excellence. Cette oeuvre, qu’il n’a jamais montée, est un grand texte à niveaux multiples, mais aussi et surtout un chant de liberté absolu. François Orsoni, qui aime travailler en improvisation avec ses acteurs pendant de longues périodes, a monté cette oeuvre dans une scéno dépouillée, laissant le verbe étinceler, lui rendant sa force de conviction. Sur une musique de Tomas Heuer, ancien Bérurier Noir, Orsoni a repris ces vingt-huit tableaux qui composent Baal, en autant de fragments, de chants, qui disent d’une voix portée par une comédienne, Clotilde Hesme, toute la puissance de l’oeuvre. Certainement un grand moment de ce 64e Festival d’Avignon. A voir jusqu’au 25 juillet, aux Célestins, à 22h.

L.Benoît

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