Ainsi file le Festival…

Et oui, une comète dans le ciel du Théâtre que ce 64e Festival, qui, hélas file de jour en jour, alors que l’on a à peine eu le temps de prendre ses marques, et qu’il va bientôt falloir s’en aller. Ne soyons pas mélancoliques, ce festival ne l’est pas, In ou Off, il se passe des choses remarquables, de véritables étoiles brillent dans ce ciel décidément très clair.

Dans notre top des préférences, pour l’instant, une petite dizaine de spectacles qui nous ont réellement marqués : La Casa de la Fuerza bien sûr, le superbe Matignon, La Peau Dure, une oeuvre excellente de Timar, Rhinocéros, mais aussi le très remarqué Apprivoiser la Panthère, Der Prozess, magnifique… Ce sont nos choix, qui correspondent à l’idée que nous nous faisons d’un Théâtre créatif, en mouvement, un Théâtre libre de sa voix, vivant, parfaitement inscrit dans la contemporanéité…

Vous êtes maintenant plus de 2000 à nous lire tous les jours, à apprécier nos choix, ou parfois les critiquer, et nous vous en félicitons. Bien sûr nous aimerions être plus nombreux pour aller voir encore plus de spectacles… Nous connaîssons l’attente des compagnies dans le Off qui font tous les jours un boulot formidable, quelles qu’elles soient, pas évident : tracter, puis parader, jouer… le tout parfois entre deux mauvais sandwiches, une chambre surpeuplée et cet espoir tous les jours recommencé de trouver son public… et la Critique. C’est le parcours douloureux mais magnifique du Off, un marathon éprouvant, et pas forcément gratifiant…

Trop de spectacles en compétition ? Nous ne pensons pas que le nombre fasse problème. Ce qui est plus gênant, croyons-nous, est l’absence de direction effective, un manque de repères dans cette jungle qui nivelle, souvent par le bas, toute perception objective de ce festival. De fait, ce sont souvent les plus grosses productions, les machines de guerre des théâtres privés parisiens, qui emportent le morceau de la visibilité. Il faut le déplorer, car le Hors-Festival, comme le nommait Vilar, le Off comme l’aurait voulu Benedetto, devait n’être que pure aventure artistique, entièrement dédiée au Théâtre, et à la grande idée qu’ils s’en faisaient en 1967 ou 68.

La réalité, aujourd’hui, est moins belle. Où est passée la poésie, qu’est-il advenu de l’imagination au pouvoir, de la formidable liberté de ces premières années ? Je crains qu’elles aient fini dans le fond vertigineux d’un tiroir-caisse, et avec, tous les espoirs d’un Théâtre revivifié, régénéré, simplement Vivant.

E. Z. ce 20 juillet

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