La politique de la nouille

Il est en effet consternant, comme le soulignait ce matin Armand Héliot, qu’une télévision publique, avec la puissance de conviction que son statut implique, se laisse aller à pareille démonstration d’incompétence, pour une station, qui rappelons-le se veut la chaîne culturelle de France-Télévision. Autrement dit, une télévision qui nous appartient à tous, dont la mission est claire, et dont l’exemplarité devrait être la règle. Mais, évidemment, dans un pays gouverné de manière aussi paradoxale, la culture d’état est chaque jour si dévalorisée, tellement galvaudée, vendue aux intérêts des plus offrants, que l’exemple désastreux offert par France 4, s’agissant de la Nuit du Off, devrait faire des émules…

Ainsi donc le Off se voit réduit à sa portion congrue. Afficher ainsi ses préférences pour le degré zéro du « théatre » que constituent les programmations du Paris ou du Palace, deux salles dont la politique culturelle se résume à l’objectif de rentabilité, en dit long sur ce qui est devenu particulièrement intolérable dans ce festival, et que sa « direction » ne devrait absolument pas laisser passer. Mais bien sûr, lorsqu’on s’affiche avec une Eve Angeli dans les colonnes de la presse régionale, il ne faut guère se bercer d’illusions…

C’est ce que nous appelons la politique de la nouille. Ou comment niveler, écraser, comment retirer toute substance, toute vitalité à ce qui, au départ devait être une aventure artistique, pour n’en montrer que la face la plus grossière et la plus vulgaire. Certes, c’est beaucoup plus bankable, et apte à propulser les « carrières » de certains de ses zélateurs. Mais à prendre les gens pour des nouilles, il faut tout de même se garder de boire le bouillon…

E.Z. ce 21 juillet

Publicités

Commentaires fermés