Off : Une « charte » bien commode (L’humeur d’a.héliot)

Voilà qu’AF&C se mêle de construire une « Charte » pour le Off. C’est plutôt désopilant venant de la part d’entrepreneurs dont, le moins que l’on puisse dire, est qu’ils n’étouffent pas d’un trop plein de morale. Au pays des bonnes affaires, actionner le leurre d’une charte de moralité, alors que l’on se permet toutes les entorses à celle-ci dès lors qu’elles profitent au développement de leurs petites entreprises, est faire montre d’une démagogie sans pareille.

Mais les démagogues ont toujours sévi sur le terreau fertile de la démission et de la vacuité. Quand un système soutient avec autant d’effronterie le pire de la production des théâtres privés, quand le même système profite du vide laissé par les fondateurs du Off, pour accroître son influence, quand ce système n’admet aucune contestation, en son sein comme à l’extérieur, contestation qu’il étouffe de sa force économique et son accès aux médias, il a ensuite beau jeu d’illusionner le bon peuple avec des initiatives de cet acabit, empreintes de vertu, appelées à rallier un plus grand nombre à sa cause, masse silencieuse et approuvante qu’il sait parfaitement utiliser.

Cette entreprise de séduction, parfaitement immorale justement, serait à mourir de rire, si elle ne masquait gravement ce qui constitue les méthodes du fonds de commerce d’AF&C, à savoir cette capacité à duper le plus grand nombre pour le profit de quelques uns, sous couvert de « morale », d’ouverture et de tolérance, profession de foi récurrente de ses zélateurs, à laquelle nous<aurions bien tort d’accorder un quelconque crédit.

Armand Héliot

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Comments
3 Responses to “Off : Une « charte » bien commode (L’humeur d’a.héliot)”
  1. pierre dit :

    Il est vrai que pour ma part, pourtant favorable à une charte protectrice des troupes, non seulement pour les prix pratiqués, mais aussi et surtout pour l’accueil des troupes et du public dans des conditions propres à notre siècle 🙂 ma position est encore tangente car il devient difficile de supporter la communication outrancière et nombriliste du OFF qui se place systématiquement en victime d’une soit disant intelligentsia et son manque de transparence évidente et je ne veux pas parler de commissions scindées en sous-commissions qui émettent des avis, suivis ou non, et bourrées de bonnes intentions 🙂 en admettant un mélange des genres parfois pour le moins surprenant.
    Comment ne pas être surpris du simulacre de conférence de presse de fin de festival, du nombre de places, de la non invitation des théâtres permanents, de certains journalistes … comment ne pas être surpris du ton employé dans certains journaux à l’égard de ceux qui font le théâtre et pas seulement durant un mois d’été ? Amoureux de cet Art, moi aussi je pense qu’il faut que le OFF se reprenne en main, pour tous. Quand à ce site, oui ce n’est pas qu’un site de critique théâtrale comme on peut en voir un peu partout sur le net mais bien un journal qui gratte parfois là ce fait mal mais seulement par amour du théâtre et de toutes les formes d’Art. Continuez. Tous

    Le Festival est mort, vive le festival

  2. Armand Eloi dit :

    Cher « Armand Héliot »,

    je découvre à la fois votre site et l’humeur que vous signez concernant la Charte du Off dont j’assume la responsabilité.
    J’accepte bien volontiers le ton sarcastique de votre chronique, propre à la presse satirique. Je serais toutefois plus à l’aise si vous sortiez de l’anonymat, d’autant que vos textes sont truffés d’attaques personnelles. Mais passons.
    Que proposez-vous ? Comment tirer le Off vers le haut dans l’espoir qu’il y ait un peu moins de tout et n’importe quoi ? Finalement, avec ou sans AF&C, rien n’empêche n’importe quelle compagnie de signer un contrat avec n’importe quel lieu. C’est un état de fait qui fait certes le bonheur des loueurs de salles – dont certains font par ailleurs très bien leur travail – mais également le vôtre, qui trouvez là l’occasion de faire étalage de votre talent d’ imprécateur.
    Dans le projet de Charte que j’ai proposé aux plus de 50 structures présentes à notre réunion du 21 juillet, je propose des pistes, dont l’engagement pour les compagnies de rémunérer les artistes professionnels, et, pour les lieux signataires, de fixer un « prix plafond », deux idées largement controversées dans et hors d’ AF&C.
    Arriverai-je au bout de ma démarche ? Ce n’est pas assuré. En tout cas je suis prêt à en discuter avec vous et à prendre en compte vos suggestions, si vous en avez.
    Et sachez que je ne dirige pas de lieu et n’ai aucun intérêt personnel dans le Off, auquel j’ai participé pour la première fois en tant que metteur en scène en 2009.
    Bien à vous,
    Armand Eloi
    comédien, metteur en scène,
    responsable de la commission de la Charte au sein d’ AF&C

    • Cher « Armand Eloi »

      Nos collaborateurs seraient ravis d’apprendre qu’ils n’existent pas. Au-delà du procédé douteux de l’insinuation calomnieuse, propre habituellement à une certaine frange peu reluisante de l’électorat, cette tentative de discrédit jeté à la face de nos chroniqueurs -bien en chair et en os, merci pour eux- se retourne plutôt contre vos amis : quand l’on veut se débarrasser d’un chien, on l’accuse de la rage… 🙂

      Quant à la fameuse « Charte » du Off, libre à vous de servir d’alibi à une organisation qui se planque pour donner sa conférence de presse de clôture dans une salle de quarante personnes, en ayant pris soin de n’inviter que ses amis. J’en sors, je sais de quoi je parle.

      Cordialement,

      E.Z.

      Quant