ENTRETIEN AVEC BARTHELEMY BOMPARD, METTEUR EN SCENE DE « SILENCE ENCOMBRANT »

KUMULUS-1

LEBRUITDUOFF.COM / 8 juillet 2013

AVIGNON OFF 2013 : Interview de Barthélémy Bompard, metteur en scène de Silence encombrant – Manufacture SNA Barthelasse – Du 6 au 18 juillet à 18h25

BDO : Quel est le propos de ce spectacle, « Silence encombrant » ?

Barthélémy Bompard : « Silence encombrant » est un travail que nous avons fait autour de tout ce que génère notre société comme déchets, aussi bien déchets matériels que déchets humains. Il est vrai que nous sommes dans une société de consommation, on consomme à outrance, on consomme aussi des déchets et on maltraite des gens. Ce sont aussi des personnes qui ont été aussi mises à la benne, comme on peut le faire avec nos vieux, nos jeunes, et qui retrouvent, avec ces objets qu’ils ont rencontrés, des rêves, des souvenirs de personnes qu’ils ont croisées. C’est de ce concept d’où vient aussi toute la bande son. Ces objets sont trainés au sol pour créer un univers, et créer une émotion autour de ces personnages fragiles.

BDO : Comment avez-vous créé cet univers et ce spectacle si particuliers ?

Barthélémy Bompard : C’est avant tout un travail collectif. J’arrive avec le concept, avec l’idée générale, et puis nous répétons ensemble, nous effectuons un travail de recherche, nous tentons des choses, nous épurons, et ensuite nous montons le spectacle ensemble.

BDO : Pour cette édition du Festival, aussi bien In que Off, il semble que les metteurs en scène et les troupes veuillent placer l’Homme au centre des choses, avec du désespoir ou plus d’optimisme, c’est selon… Quelle-est votre vision à ce sujet ?

Barthélémy Bompard : En effet je pense que le rôle de l’artiste est d’être le miroir de notre société, et s’il y a beaucoup d’artistes en ce moment qui parlent de ce problème, c’est que le problème touche de plus en plus de gens, et que personne ne l’ignore. Après, on peut se demander quoi faire face à cela. Comment arriver à fonctionner, à moins consommer, à éviter de pourrir la planète, à ne pas se bouffer les uns les autres ? Je n’ai pas la réponse, mais je sais qu’individuellement je veux essayer d’être le miroir de ce monde dans lequel je vis. Je n’ai pas envie de parler d’autre chose, je veux parler de ce que je vis, de ce que vois, de ce que me racontent les humains.

BDO : Votre vision et votre mise en scène restent cependant assez pessimistes, quelle issue voyez-vous à ces problèmes ?

Barthélémy Bompard : Quand je vois l’état du monde, je reste pour ma part pessimiste. Il reste ceci dit dans notre spectacle, de la vie, même dans ces conditions, des humains qui essaient de survivre, qui sont toujours porteurs d’humour, de poésie et de rêve. Et même malgré l’errance, quand ils partent du plateau, ensemble, on peut s’imaginer qu’ils partent ailleurs, chercher autre chose, un autre mode de fonctionnement, ensemble. Mon spectacle n’est pas « juste » pessimiste mais aussi tourné vers un avenir possible, ensemble.

Propos recueillis par Pierre Salles

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