PAR LES VILLAGES : STANISLAS NORDEY N’HONORE PAS LA COUR

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FESTIVAL D’AVIGNON 2013 : Par les villages / mes Stanislas Nordey / Du 6 au 13 juillet 2013 à 21h. / Cour d’honneur.

C’est avec une pièce « ouvrière » que s’ouvre dans la Cour d’Honneur cette 67ème édition du Festival d’Avignon. Artiste invité de cette édition, Stanislas Nordey nous propose « Par les villages » tiré du poème dramatique de l’autrichien Peter Handke.

Parole est donnée aux « petits », aux ruinés, aux « grouillots » dans de longues tirades déclamées dans un décor minimaliste, quelques baraques bleues de travailleurs, quasiment esclaves, passant de chantier en chantier. Le frère, devenu écrivain, revient dans un village métamorphosé. Plus rien n’est d’humain, les ruelles ont fait place aux pancartes publicitaires et l’entraide à la solitude des hommes.

Ce texte, ode à la nature et à la personne, résonne d’une étrange façon dans ce lieu en ces temps de désespoir social. Les envolées pleuvent, foisonnent et trouvent un écho dans nos têtes.

Stanislas Nordey, metteur en scène / acteur, charpentier du spectacle, nous propose une mise en scène par petites touches. Les déplacements se font presque invisibles, trop souvent quasi-inexistants, les acteurs semblent glisser afin de nous offrir le prochain tableau. Les monologues souvent très longs, malgré un texte d’un grand lyrisme, souffrent de trop de statisme. La magie du texte ne passe pas toujours, malgré des acteurs excellents dans leur art.

La prestation de Stanislas Nordey acteur est remarquable. Il distille son texte d’une voix retentissante, avec un jeu de scène sobre mais expressif. Sa description du monde ouvrier et la présentation de ses camarades, frères de peine et héros du quotidien, sont un moment fort de la pièce. Emmanuelle Béart tire son épingle du jeu, une voix franche et claire, une posture à la hauteur du personnage, une apparence à la fois simple et fragile. Annie Mercier, pleine et entière, nous offre une remarquable « tenancière » de baraquement avec un jeu profond et une gouaille certaine. La diction approximative de Jeanne Balibar ou quelques problèmes techniques empèchent la pleine compréhension d’un texte riche et profond.

Une soirée qui ravira les amateurs de longs textes denses, riches de sens et poétiques, mais qui pourra décevoir ceux pour qui la Cour d’Honneur et le Festival méritent du panache et de l’inventivité, dans des mises en scène tournées vers l’avenir.

Pierre Salles

Photo C. Raynaud de Lage

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Comments
One Response to “PAR LES VILLAGES : STANISLAS NORDEY N’HONORE PAS LA COUR”
  1. mrpink200 dit :

    Que dire de ce pensum indigeste, hyper repetitif et inutilement long. Heureusement que Nordey acteur evite le naufrage … Ce qui n empechera pourtant pas une partie des spectateurs de partir à l entre acte. Enorme deception pour ma part.