AVIGNON OFF 2013 : « HAMLET 60 », SHAKESPEARE REVU PAR PHILIPPE MANGENOT

 

Hamlet 60-1©Bob Mauranne

LEBRUITDUOFF.COM / 15 juillet 2013

AVIGNON OFF 2013 : « Hamlet 60 » – mes : Philippe Mangenot / Petit Louvre / 13h05

A moins de couper à la machette dans le texte, monter « Hamlet » de William Shakespeare en 60 minutes n’est pas chose aisée, c’est pourtant la gageure que s’est imposé le metteur en scène et acteur philippe Mangenot.

Le père d’Hamlet, roi du Danemark, est mort assassiné par son frère Claudius. Sitôt les victuailles du banquet de deuil refroidies, celui-ci prend la couronne en épousant Gertrude, la veuve de son frère, le roi défunt. Le spectre du roi apparaît alors à deux gardes, sur les remparts de ronde. Alerté, Hamlet apprend ainsi par le spectre de son père qu’il a été assassiné par Claudius. Hamlet doit venger son père…

Issu d’un travail de traduction d’André Markowicz, Philippe Mangenot a redécouvert ce texte et toutes les nuances possibles qu’induisent les différentes traductions d’Hamlet. Ils se sont tout deux essayés à se rapprocher de l’œuvre de Shakespeare, auteur dramatique, truculent, parfois grivois, mais toujours poétique. La pièce commence par la fin, la mort d’Hamlet, le moment où le jeune Hamlet demande à son ami Horatio de conter son histoire aux générations futures. Le metteur en scène prend la balle lancée par Shakespeare au bond, et prendra donc le rôle d’Horatio.

Ici, pas de costumes d’époque, peu d’accessoires, l’imaginaire du conteur suffit à créer l’ambiance. Les différents acteurs jouent presque tous le rôle d’Hamlet, afin de nous en montrer toutes les facettes. L’effet fonctionne, même si il peut dérouter les spectateurs qui ne connaitraient pas la pièce originale.

Philippe Mangenot a su conserver la dimension poétique du texte, il offre donc de beaux moments comme la mort d’Ophélie, suicidée par chagrin et folie. Il sait aussi user de ficelles intéressantes, expliquant ses choix de mise en scène en direct, simplement en faisant déclamer aux acteurs des vers en Anglais, en faisant jouer par ses acteurs ces mêmes vers traduits par Déprats, Mesguich ou Markowicz. Cette option permet de mettre en évidence l’importance de traduction d’une œuvre et son aspect créatif.

Plutôt « classique », cet Hamlet, d’élégante facture, permettra aux spectateurs curieux de goûter un spectacle éclairant les options choisies par un metteur en scène travaillant en étroite collaboration avec un traducteur. Les plus intéressés pourront de plus discuter avec le metteur en scène et les acteurs, qui se prêtent très volontiers au jeu à la fin du spectacle.

Pierre Salles

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