AVIGNON OFF 2013 : LE TIGRE BLEU DE L’EUPHRATE

tigre bleu

LEBRUITDUOFF.COM / 16 juillet 2013

AVIGNON OFF 2013 : Le Tigre bleu de l’Euphrate – Le petit Louvre (Van Gogh) – du 6 au 29 juillet – durée : 1h10

Yannick Laurent, dans une mise en scène de Gilles Chavassieux, nous offre ce magnifique texte de Laurent Gaudé écrit pour le théâtre. Dans un style puissant, limpide, concis et constamment poétique, Laurent Gaudé a écrit là un véritable bijou, un immense poème épique en prose.

Alexandre le Grand, au seuil de la mort, s’adresse à Hadès, le Dieu des Morts venu le chercher. Il veut l’étonner, le fasciner, le séduire en racontant sa vie, son épopée, ses conquêtes, ses regrets. Il passe en revue la guerre, terrible, contre Darius, sa soif de conquêtes et de découvertes, son désir irrépressible d’aller toujours plus loin, son admiration et son respect pour les peuples vaincus, sa fascination par l’Orient, son émotion et sa compassion face à une veuve éplorée qui l’agresse.

Lors de la traversée de l’Euphrate apparaît aux yeux d’Alexandre le Tigre bleu, « bleu comme les eaux profondes la mer Egée ». Le Tigre bleu reparaît à Babylone. C’est un guide qui lui montre le chemin, qui le pousse à avancer, qui l’entraîne vers de nouvelles conquêtes

A l’heure de sa mort, Alexandre regrette d’avoir écouté Coenos qui, sur les rives de l’Hyphase, l’exhortait à revenir parmi les siens, en Grèce. Le Gange n’était pas loin. Il aurait dû abandonner ses hommes et suivre le Tigre bleu, seul, loin, toujours plus loin…

« J’aurais dû, oui, car, depuis, je n’ai fait que mourir ».

Yannick Laurent porte ce texte avec conviction dans un souffle puissant et dense. La voix est claire, le regard incisif et profond porte vers l’infini. Il est Alexandre. Il vit son personnage dans des moments de passion, de violence, de rêve, de regrets, de profonde humanité.

La mise en scène est sobre. L’acteur est un formidable passeur de poésie et d’émotions. Il est accompagné durant tout le spectacle par la percussionniste Yi-Pin-Yang dont les sonorités contemporaines et orientales sonnent comme un écho aux rêves d’Alexandre. La musique, comme dans un oratorio, porte le texte et renforce le jeu de l’acteur. Avec beaucoup de grâce Yi-Pin-Yang caresse ses instruments et en joue avec inspiration dans un beau clair-obscur.

L’Art du poète et l’Art de l’acteur éclairent ce spectacle qui se présente comme un moment fort du Festival.

Jean-Louis Blanc

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