AVIGNON OFF : AU PETIT LOUVRE, UN « MONTE-PLATS » BIEN RECHAUFFE

monte plats

LEBRUITDUOFF.COM / 16 juillet 2013

AVIGNON OFF 2013« Le monte-plats » – Le Petit Louvre à 14h10 du 8 au 29 juillet

Christophe Gand met en scène Jacques Boudet et Maxime Lombard dans un classique d’Harold Pinter.

Ben et Gus, deux vieux tueurs à gages, attendent les instructions afin d’exécuter leur prochain contrat. Le temps passe, inlassablement, jusqu’à ce qu’une improbable commande provienne du monte-plats…

Christophe Gand prend le parti de faire jouer Ben et Gus par deux acteurs d’un certain âge, comme un vieux couple, à la « Je t’aime moi non plus ». Leur train-train de tueurs à gages, les petites querelles, les souvenirs flous de contrats passés fonctionnent. La tension montante entre les deux hommes, l’absurde de la situation par les dialogues de Pinter nous conduisent vers ce tragique dénouement et nous démontrent ce pouvoir invisible, implacable et déshumanisé.

Christophe Gand, jeune metteur en scène désirait faire incarner Ben et Gus par deux vieux comédiens, soit. Le principe du vieux couple fonctionnant par ailleurs très bien. Mais pourquoi donc proposer cet « énième » monte-plats d’un classicisme absolu aux douces et soporifiques odeurs de lavande ? Ici le texte se déroule sans ombrage, le monte-plats est là, au milieu, peut être par peur que le spectateur n’ait pas assez d’imagination et passe à côté. Tout est dit, rien n’est suggéré. Le lit est un lit. Tout est démonstratif : les décors, les accessoires, les lumières…

Pourquoi donc, en tant que « jeune » metteur en scène, monter un Pinter comme cela a été fait des milliers de fois ? Pourquoi ne pas proposer autre chose ? S’approprier ce texte, le triturer, essayer, inventer ? Pas une once de nécessité dans les choix du metteur en scène. Juste peut-être l’envie de monter un « monte-plats » de plus, estampillé « Festival Off », pour le jouer 200 fois dans un quelconque théâtre parisien, entre le métro et la soupe à l’oignon.

Les amateurs du genre pourront aller voir ce Pinter ou d’autres pièces de ce type dans le Off, sans rugosités mais par ailleurs bien jouées, et les autres, plus courageux, plus curieux, pourront tenter de dénicher de belles créations moins dispensables.

Pierre Salles

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