AVIGNON OFF 2013 : « ALPHONSE » DE WADJI MOUAWAD

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LEBRUITDUOFF.COM / 17 juillet 2013

AVIGNON OFF 2013 : « Alphonse» de Wajdi Mouawad / Théâtre du Chapeau d’ébène / du 8 au 31 juillet / 17h10
/Durée : 1h05

Après avoir assisté à une représentation « d’Incendies » de Wajdi Mouawad et suite aux flots d’émotions reçus, la jeune comédienne Corinne Méric, prend possession des textes de cet auteur devenu incontournable sur la scène théâtrale mondiale. De lectures en correspondances avec l’auteur elle décide d’adapter « Alphonse », l’histoire de cet enfant, aux portes de l’adolescence et de son parcours initiatique vers le monde des adultes.

Le petit Alphonse à disparu. Il n’est pas rentré de l’école, sa famille s’inquiète, la police va enquêter tandis qu’Alphonse va découvrir un autre monde, celui de l’invisible, celui dont on ne parle pas.

Le texte de Wajdi Mouawad est un long monologue dans lequel s’entrecroisent nombre de personnages, le réel frôlant l’imaginaire.

Tantôt dans le monde irréel du jeune Alphonse, tantôt jouant un commissaire bienveillant interrogeant tel voisin ou tel copain de classe, la comédienne Corinne Méric passe avec aisance d’un rôle à l’autre, tout est limpide dans son jeu, jamais le spectateur n’est laissé sur le bord de la route dans cette histoire aux multiples facettes parfois déconcertantes. Elle nous prend par la main et nous suivons Alphonse parcourant ses chemins de traverses et sa marche intérieure comme un parcours initiatique.

Un décor minimaliste, quelques graviers, une chaise et une table d’écolier, des éclairages fins et esthétiques mettent en espace le vagabondage du récit. Oscillant entre un univers onirique et la réalité d’une salle de classe, la lumière met en valeur les zones d’ombres, zones d’imaginaires, de peurs et de rêveries, celles que l’on ne peut voir. Quelques sons de craies sur un tableau ou de souliers d’écoliers sur du gravier de cour d’école nous plongent immédiatement dans l’univers du jeune Alphonse.

Corinne Méric nous offre là un spectacle plein de charme et d’élégance, sans superflu ostentatoire, laissant la part d’imaginaire du spectateur vagabonder avec Alphonse sur le fil de sa vie en devenir. Seule sur scène elle nous sert une adaptation très convaincante de ce texte foisonnant de Wajdi Mouawad et nous ramène à nos années d’enfance, de rêve et de questionnement.

Pierre Salles

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