ENTREVUE AVEC MARC PETRY, DIRECTEUR DE L’ORCCA (CHAMPAGNE-ARDENNE)

orcca

LEBRUITDUOFF.COM / 21 juillet 2013

AVIGNON OFF 2013 : Entrevue avec Marc Petry, directeur de l’ORCCA (Office Régional Culturel de Champagne-Ardenne).

BDO : Parlez-nous de l’initiative de la région Champagne-Ardennes.

Au début ce sont les compagnies elles-mêmes qui avaient formé un collectif, en 1994. Comme il y avait une volonté forte de la Région d’accompagner cette dynamique, nous sommes présents sur Avignon au service des compagnies pour la promotion de leurs spectacles. C’est un système suivi par d’autres de région car depuis, nous avons gagné en notoriété sur le lieu. Vous avez certainement entendu parler de cette expression, « le in du off ». On se plait à croire que c’est le cas car on a un public, notamment de professionnels, qui nous suit depuis 15 ans. Ce qui est appréciable, c’est que nous avons une collaboration de la ville d’Avignon qui loue ce lieu sans mise en concurrence.

BDO : Comment se passe la sélection des spectacles qui jouent à la Caserne des pompiers ?

Nous varions notre sélection en fonction de la commande politique. Nous ne programmons pas un « best-of » de la région Champagne-Ardenne. C’est un accompagnement des compagnies avec le bon spectacle, ni trop tôt, ni trop tard. Plusieurs compagnies doivent se relayer sans se chevaucher. Quand on réfléchit à la programmation, on se questionne dans le cadre d’un contexte typer-concurrentiel. La « marque Caserne » doit demeurer. Si on a 2 ou 3 années avec une programmation peu attrayante, celle-ci va se dégrader.

BDO : Avez-vous un objectif de fréquentation ?

L’objectif principal pour nous c’est le nombre de professionnels, le nombre d’achats, ou les contacts qui se sont liés des années plus tard avec un lieu. On n’a pas d’objectifs affichés, mais une volonté de suivi. On a une attachée de presse, que l’on met au service des compagnies. Notre souci, c’est aussi de faire en sorte que la dynamique de vrai lieu culturel soit plus visible, plutôt que d’être répertorié par un lieu de politique culturelle. C’est pourquoi les équipes sont responsabilisées sur l’entretien du lieu et d’autres questions logistiques (billetterie, accueil, réservation). C’est aussi très important pour nous. Une de nos particularités c’est que nous sommes  une région très étendue : de la Belgique au portes de la Bourgogne. Des gens de Troie ignorent tout de Charleville et inversement. Il n’y a pas un grand organe de presse, mais 4 départementalisés. C’est l’occasion pour eux de découvrir les artistes d’à côté.

BDO : Comment se passe le festival jusqu’à présent ?

On a de bons échos pour l’instant. Quelques spectacles marchent très bien. Régulièrement on a des spectacles qui marchent bien et d’autres qui ramen,t mais là pour l’instant tout décolle. Certains spectacles sont même complets.

BDO : Comment fonctionnez-vous avec les compagnies ?

La région Champagne-Ardenne dote les compagnies d’une subvention pour permettre de payer une partie des frais. L’ensemble de l’opération c’est 250 000€, ce qui est en réduction de 10% par rapport à l’année dernière.

BDO : Vous programmez aussi une exposition.

Avec ce regard sur les arts plastiques, on essaie de profiter de ce lieu pour montrer les différents aspects culturels de la région. Notamment le Festival International de la Marionnette de Charleville-Mézières.

BDO : Vous êtes optimistes pour l’avenir ?

Les temps sont difficiles, les budgets en réduction, mais nous sommes des gens responsables, et on essaie de garder la qualité du service dans les contraintes qui existent. On n’a pas d’inquiétudes particulières, même si aujourd’hui nous ne connaissons ni les élus de demain ni leur programme. Par définition, en démocratie, l’avenir est toujours incertain. Nous sommes indéniablement liés aux collectivités territoriales. Aujourd’hui, la région le fait parce qu’elle pense que c’est important. Aujourd’hui, les ressources des régions et des départements sont en diminution, pendant que les compétences obligatoires augmentent, et donc les compétences facultatives (comme la culture) sont, de fait, la variable d’ajustement. A un moment donné, le législateur et le milieu doivent aussi se mobiliser pour dire que cela ne peut pas continuer comme ça. Pour une ville, avoir un théâtre, cela fait partie des services de proximité qu’une population est en droit de demander, mais pour un département ou une région? S’ils suppriment leur ligne budgétaire de la culture, personne, en dehors du milieu culturel, ne s’en rendra compte. Pour l’instant c’est une évidence pour tout le monde, mais peut-être qu’un jour, si nous ne sommes pas très vigilants, ces collectivités arrêteront de financer complètement…

Bruno PATERNOT

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