LE BRUIT DE LA COURGETTE (#02) : AUJOURD’HUI, FLAN

w_par_les_villages__stanislas_nordey_c_christophe_raynaud_de_lage__festival_davignon_1863[1]LEBRUITDUOFF.COM / 22 juillet 2013

LE BRUIT DE LA COURGETTE, la chronique d’Amélie Ask.

Non pas le flan aux courgettes, délicieux servi glacé avec un coulis de tomate, l’un des moins roboratifs de sa catégorie -quoiqu’on lui préférera un simple beignet de fleurs de courgettes, qui lui, ma chère, a l’insigne avantage de sa croustillance délicate-, non plus que le piteux qualificatif dont on affuble certains incapables ou simplement velléitaires, ni même ce classique fort prisé des marseillais, à savoir un « jaune » servi si épais dans les « momies » que l’on pourrait retourner le verre sans en verser le contenu…

Non, le « flan » dont il s’agit aujourd’hui a trait à ces pensum étouffe-chrétiens (et même autres bigots…), si courus en ces festivals In et Off, on se demande bien par la grâce de quel étrange masochisme…

Avez-vous d’ailleurs remarqué combien la métaphore culinaire sied merveilleusement aux boulets du spectacle vivant ? Ces tartes, daubes, navets, guimauves, quiches et autres soupes qui fleurent bon la nappe à carreaux rouges et le pôt de beaujolais des bistrots parisiens…

Pour en revenir à notre » flan », lui aussi communément utilisé pour désigner  l’indigeste et le « gavant », illustrons avec un exemple ou deux, puisés non pas dans le Off pour une fois -c’est que nos amis du Off sont souvent fort susceptibles-, mais plutôt dans le In, ce qui en ravira certains (les mêmes que précédemment) et en exaspèrera d’autres (tant pis) :

Ainsi de ce « Par les Villages » du détestable Stanislas Nordey, dont le bide en début de festival n’eut d’égal en intensité que l’insupportable pénibilité de son opus racoleur et parfaitement imbitable… Servi par deux mauvaises barbies recustomisées dont le faible filet de voix ne compensait guère la viduité de la mise en scène du sieur Nordey, et la lourdeur toute germanique du texte rasoir de Handke…

Voilà, vous commencez à comprendre ce qu’est un flan.

Un autre exemple, pour achever de vous éclairer : ainsi de cette inepte lecture de M. Podalydes, star des émissions « culturelles » du petit écran, d’un texte du tout aussi indigeste Pascal Rambert, le tout dans une Cour d’honneur bâillante d’ennui, d’autant que cette séance de torture fut prétentieusement donnée à 1.30h du matin, histoire d’en rajouter une couche…

Lumineux, non, ces deux exemples amoureusement choisis ?

Non pas que le « flan » hélas soit l’apanage du « In », bien au contraire : certaines salles du Off semblent être spécialisées dans cette redoutable catégorie. On ne les citera pas ici par pure charité…

Allez, la prochaine fois, on vous entretiendra d’une autre spécialité, tout aussi prisée dans ce Off, et plutôt superlativement représentée : la daube…

Bon appétit !

La Courgette

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Comments
4 Responses to “LE BRUIT DE LA COURGETTE (#02) : AUJOURD’HUI, FLAN”
  1. F Jenny dit :

    L’ironie et l’humour dont votre chronique fait preuve, vous a fait confondre la grande cuisine (le flan aux courgettes peut s’avérer une merveille aérienne) et le coin des poubelles aux clichés (La lourdeur toute germanique !). Allez pour vous remettre de cette incompréhension de la musicalité de la langue de Goethe et de Schiller, je vous mets quelques vers de ce même Handke qui vous a rasé, vers que l’on peut entendre dans les Ailes du désir (film de ce teuton lourdingue de Wim Wenders ;)) Poème dit par ce comédien allemand (donc un peu lourd;)) qui s’appelle Bruno Ganz.
    « Als das Kind Kind war… Lorsque l’enfant était enfant,
    ging es mit hängenden Armen…, il marchait les bras ballants,
    wollte der Bach sei ein Fluß,… voulait que le ruisseau soit rivière
    der Fluß sei ein Strom,… et la rivière fleuve,
    und diese Pfütze das Meer. et cette flaque, la mer
    Bien à vous

  2. David Nathanson dit :

    « La lourdeur toute germanique »… la classe !