QUAND JACQUES FRANTZ SE FAIT GRUGER PAR « PRESENCE PASTEUR »

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LEBRUITDUOFF.COM / 29 juillet 2013

AVIGNON OFF 2013 : La vraie vie du Off.

Quand on vous dit que ce Off n’est plus qu’une sale affaire de fric, au mépris du respect le plus élémentaire dû aux artistes… Voici ce qui est arrivé à Jacques Frantz, un très grand comédien au demeurant, qui se fait piétiner sans vergogne par un loueur de salle, en l’occurrence le directeur de « Présence Pasteur ». Nous publions ici dans son intégralité la lettre ouverte que Jacques fait circuler, pour laquelle il souhaite une visibilité maximale.

MESAVENTURE D’UNE COMPAGNIE A « PRESENCE PASTEUR »

Vous trouverez ci-dessous un mail du comédien Jacques Frantz adressé à Pierre Lambert, directeur du Théâtre Présence Pasteur, publié à la demande de son auteur afin que soit porté à la connaissance du plus grand nombre l’attitude scandaleuse du Théâtre Présence Pasteur à l’égard de notre compagnie.

DERNIERE MINUTE : ayant appris par hasard (!) qu’un spectacle se jouait finalement pendant « notre » créneau dans la dernière semaine du festival, nous avons contacté Pierre Lambert qui admet qu’il « aurait dû nous prévenir » et préfère annuler instantanément ce nouveau spectacle que nous rembourser, laissant ainsi deux compagnies frustrées et malheureuses au lieu d’une.

——

Paris, le 26 juillet 2013

Pierre,

Il est vrai que j’attendais ce moment depuis longtemps: jouer dans ton lieu (en l’occurence le gymnase), car ce lieu m’a toujours attiré et j’y voyais aussi un retour connivent possible à notre passé dijonnais commun! Hélas il n’en sera rien. J’ai eu communication de ton entretien avec mon metteur en scène Emmanuel Besnault, qui n’a, comme je le redoutais, rien donné.

Fin février j’ai été victime du bris d’une prothèse de hanche accompagné de complications infectieuses hospitalières. J’ai tout de suite su que je ne pourrai physiquement pas assurer la reprise d’ « Onysos le furieux » de Laurent Gaudé à la Présence Pasteur, et Emmanuel a fait ce qu’il avait à faire pour t’en avertir. J’apprends en mai que tu as choisi, parmi on peut le supposer tant d’autres, un spectacle qui ne sera exploité que du 8 au 25 juillet, et aujourd’hui, que tu as pris la décision sans appel de retenir la somme payée au préalable pour la dernière semaine d’exploitation pénalisant financièrement et gravement la toute jeune Compagnie de l’éternel été.

Rentrant seulement maintenant de mon long chemin de croix à l’hôpital, j’apprends que, même en sachant bien que je croule sous les certificats médicaux, tu comptes bien ne pas bouger d’un pouce, appâtant même la jeunesse légitimement avide et un peu faible d’Emmanuel avec la promesse d’un engagement pour l’année prochaine de « Onysos » pour quatre semaines pour le prix de trois, voire même de futurs autres engagements à l’avenir pour lui (et allez donc, ça mange pas de pain!). Et puis quoi encore? Tu veux pas que je t’achète un tapis pendant qu’on y est!

Tu m’as dit au téléphone ne pas vouloir de crise, alors je te laisse te vautrer dans tes 3000 euros, parfaitement méprisables. Aucun respect pour les égards artistiques, pour les envies, pour l’exigence des moments propices, pour tout ce qui fait que nous nous battons pour qu’Avignon Off soit un véritable espace de création et de liberté à l’abri des marchands et des directeurs de lieux déguisés en humanistes à l’abri de leurs programmations ô combien « éclectiques »!

Je suis profondément outré et sache que je ne joue dans un théâtre que parce que je le désire et surtout pas parce qu’on m’y oblige! Je me dois de te dire que je ferai en sorte que les instances du Off soit au courant de cette illégitimité, car la crise est là et il est temps que l’on se compte. Je pense qu’il est inutile de penser que cette circonstance minable puisse faire l’objet d’un quelconque échange ultérieur.

Sois assuré de mon plus cordial mépris.

Jacques FRANTZ

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Comments
8 Responses to “QUAND JACQUES FRANTZ SE FAIT GRUGER PAR « PRESENCE PASTEUR »”
  1. jerome dit :

    J’aime:  » la crise est là et il est temps que l’on se compte. » Pauvre de nous, Cies, comediens, metteurs en scene … Nous qui faisons ce festival, l’engraissons, et qui nous roule dans la farine si ce n’est autre chose…

  2. dollé dit :

    Jacques,
    le festival est terminé depuis 3 jours, mais sache que je suis à tes côtés dans ce combat et que j’ai bien l’intention d’en livrer d’autres s’il le faut. Je n’en peux plus de ce pouvoir absolu des théâtres au festival d’Avignon. IL faut que cela change. Si AF&C nous fait signer une charte de bonne conduite des compagnies, il faut désormais que les théâtres eux aussi signent une charte de bon accueil des compagnies.

  3. jm gautier dit :

    cette histoire illustre bien le fait que le off n’est qu’une affaire de fric: une association qui gère le off mais gère quoi en fait à part tout ce qu’elle fait payer aux compagnies, des lieux qui louent des salles sans même voir les spectacles, etc… et des affaires comme celle ci..c’est à vomir mais …c’est ainsi Avignon reste un grand marché libre et indépendant que certains essaient de s’approprier …

  4. Jean Pierre Bruno dit :

    le festival d’Avignon n’est plus ce qu’il a été, c’est devenu un miroir aux alouettes digne des plus grands chef-d’œuvres de l’hypocrisie et de l’escroquerie. Vous pensez bien que sur plus de 1500 spectacles par jour il faudrait un miracle pour qu’un tourneur vous contacte et vous fasse signer un contrat. Des belles promesse vous en aurez mais ça s’arrêtera là sans aucun doute. Vous arriverez peut-être à vous faire connaitre d’une partie du public mais après combien d’efforts. Et quand les lumières du festival se seront éteintes, votre gloire s’éteindra aussi. Si vous avez du talent, vous n’avez pas besoin de ce festival Off légèrement bidon.

  5. Eechaut Gisèle dit :

    C’est d’autant plus dégueulasse que l’on a profité de problèmes de santé de Jacques Frantz pour le rouler dans la farine. Il était à l’hôpital. A quand un vrai festival ailleurs qu’à Avignon ?

  6. SimonEdgarFunkel dit :

    Jacques FRANTZ – qui n’a besoin de l’aval ou avis de quiconque – a eu raison de réagir ainsi. Le théâtre et l’Art en général n’ont nul besoin de se prostituer afin de traverstir l’univers du spectacle. Qu’on arrête de prendre les cons pour des gens, la SCENE française est forte et peut se passer des intéressés qui n’ont que faire son essence même.

  7. Davenio dit :

    C’est honteux.
    Méprisable et dégueulasse.

  8. marin dit :

    Et c’est donc pour ce genre de lieu que les dates du Off ont été recalées….