AVIGNON 2013 : LE OFF EST MORT, VIVE LE OFF !

discours a la nation

LEBRUITDUOFF.COM / 03 août 2013

AVIGNON OFF 2013 : Pour une sortie de crise

Le Off est mort, mais pas de sa plus belle mort. Tant pis, ou tant mieux, car cela va permettre à tous de se positionner -enfin-, de remettre à plat cette gigantesque usine à gaz qui tourne à vide, singulièrement cette année, où malgré les bilans auto-satisfaits -mais fantaisistes- de certains, force est de constater que la machine ne fonctionne plus.

Le Off, depuis longtemps, s’est dévoyé. Les considérations du « marché » et  cette détestable ambiance néo-libérale ont pris le pas sur la créativité et les valeurs d’un théâtre authentique, libre, imaginatif. Tout ceci est factuel, chacun le sait et y souscrit, y compris le vrai public du Off qui s’est cette année rabattu en nombre vers les salles historiques du Off, délaissant à juste titre les autres. Pas le temps ni l’envie de prendre des risques, surtout en temps de « crise », à  mettre son argent dans de minables « seul en scène » et autres versions appauvries d’un théâtre qui ne se respecte plus, dans des salles qui ne sont que des lieux à vocation immobilière spéculative.

Pour les tenants d’un Off véritablement sourcé à ses fondamentaux, un Off réellement théâtral, créatif, expérimental voire, bref un Off qui remplit son rôle de Off tel qu’il a été voulu par ses fondateurs, la solution existe. Chacun maintenant sait ce qu’il convient de faire, et l’idée d’une véritable scission fait son chemin, au sein des directions des salles historiques, comme des compagnies.

Et c’est sans aucun doute la seule solution viable. Définitivement éradiquer les mauvaises manières des tenants de ce Off appauvri, pâle copie de ce qu’est un véritable festival alternatif, en se désolidarisant radicalement de ceux-là. Une bonne fois pour toutes.

L’idée fait son chemin, et il n’est pas impossible -si l’on en croit certains- qu’elle aboutisse plus tôt que ce que l’on s’imagine. Nous ne pouvons que souscrire à une telle position.

Allez, coup de balai ! Cela suffit. Le Off est mort, mais tel Phénix renaîtra de ses tristes cendres. Meilleur et plus beau.

Le Off est mort, Vive le Off… nouveau !

A l’année prochaine,

bel été à tous.

MR

Visuel :  « Discours à la Nation » se jouait à La Manufacture, et est l’un de nos « Coups de coeur » 2013.

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Comments
One Response to “AVIGNON 2013 : LE OFF EST MORT, VIVE LE OFF !”
  1. Une expérience dévoyée à méditer. D’un côté une liberté totale de tout faire, la volonté réelle de permettre tout, de n’accepter aucune limitation, aucun cadre, de l’autre l’enlisement inéluctable vers le plébéien le plus crasse. Sans cadre, reste toujours et de toute facon l’implacable réalité de notre société mercantile. Au cours de ce festival OFF, nombre de comédiens naïfs mais sûrs de leur talent, consentants pour la plupart, vont être littéralement broyés par ce machin. Si on se livre à un petit calcul simple, on apprécie l’imbécillité économique. Pour un spectacle d’1h30 qu’une petite troupe jouera environ 30 fois au cours de ce OFF, il faut compter un investissement d’environ 10 000 € (location de la salle, affiches, flyers, droits, logement, déplacement, nourriture, …) avec des conditions de vie plutot spartiates mais après tout… Ainsi, pour les 30 représentations, il faut attirer pas moins de 30 personnes à chaque fois pour, ne serait-ce qu’amortir les frais. A ce compte, seul le loueur de salle est sûr de son affaire. Mais quand l’espoir fait vivre! Qui, au hasard de ce fatras de 1300 spectacles, pourrait trouver la troupe tellement géniale qu’il ferait tout pour promouvoir ces « talents cachés »? Ce mythe soutien à lui seul l’existence et la prolifération d’improbables lieux décorés en théâtre pour l’occasion.
    Le public ne semble pas s’en plaindre mais il n’est pas dupe. C’est assez fascinant d’écouter les commentaires juste à la sortie d’un spectacle mauvais alors même que toute la salle a applaudi. A-t-elle applaudi le courage, l’abnégation du comédien à se vautrer dans cette décrépitude de la culture? Le public est polie, il ne jette plus de légumes avariés mais il n’en pense pas moins. Il suffit de quelques jours pour que ce révèlent les bons des mauvais spectacles dans les murmures de la ville, au terrasse des cafés, dans les files d’attente, sur les écrans de nos portables. Alors oui, il serait bon de tirer vers le haut ce OFF devenu improbable, laid, stérile pour lui redonner de la vigueur, de l’originalité, du grandiose. D’aucun diront qu’il y a déjà LE festival pour cela. Il faut savoir ce que l’on veut.