FESTIVAL D’AVIGNON : AINSI SOIT-IL.

paradise now BAM 1969 © don snyder33

Etant donné… :
– Que ce matin du 1er juillet, les personnels du Festival d’Avignon, après s’être réunis hier soir à la Salle Benoît XII en AG plénière (mais interdite aux journalistes) et avoir voté à 80 % pour le maintien des spectacles du IN, ont rendu compte (publiquement cette fois) de leur délibération (prise à majorité d’un peu plus de 300 votants sur les 900 et quelques que réunit la totalité des employés intermittents du IN en juillet) ;
– Que visiblement l’ensemble de ces personnels a souhaité ne pas massacrer le premier festival de France et l’un des plus réputés à l’international, par des actions intempestives qui iraient à l’encontre des objectifs poursuivis : soit une prise en compte réelle du statut d’intermittent, avec correction des atteintes inadmissibles au code du travail qui caractérisent cet « accord », comme doit être prise en compte la réalité du travail précaire, lutte que nous, au Bruit du Off,  soutenons totalement  -malgré ce que certains ont pu trop hâtivement en déduire-, même si nous n’étions pas d’accord sur les méthodes ;
– Qu’il est grand temps en effet de s’asseoir à la table des négociations, sans pour autant renoncer à l’exercice de la liberté syndicale inaliénable et indispensable, ni aux revendications légitimes qui animent ce mouvement ;
– Mais sans pour cela -et visiblement chacun l’a bien compris- réduire à néant la liberté de créer des artistes, mettre à bas l’économie du spectacle vivant, celle de TOUS les festivals, toujours fragile -même celle des plus prestigieux-  comme celle de tous les professionnels, artistes, techniciens, producteurs, diffuseurs…

…Le Bruit du Off ne peut que se réjouir de cette position courageuse de la part des personnels du IN qui, malgré leur réprobation de la lâcheté d’un gouvernement autiste à leurs revendications -comme il l’est de tous- ont quand même décidé -parfois le dos au mur, en tout cas la mort dans l’âme- de maintenir ce Festival et les centaines d’emplois qui en dépendent directement, sans parler de ce qu’il faut chérir par dessus tout – quelle que soit la légitimité de la lutte : le droit et le devoir irrépressibles des artistes à s’exprimer.

Merci.
Ainsi soit-il.

La rédaction du BDO.

Visuel : The Living Theater « Paradise now », 1967-1969 / Photo Don Snyder.

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