AVIGNON N’EST PAS UNE FÊTE

ORLANDO OU L IMPATIENCE -

LEBRUITDUOFF.COM / 11 juillet 2014.

FESTIVALS  D’AVIGNON 2014. 

Ainsi donc le Off, visiblement peu perturbé par l’intermittence, s’apprête à clore sa première semaine. En terme de fréquentation, à l’exception de quelques salles qui tirent leur épingle du jeu -souvent les salles « historiques » du Off d’ailleurs, bien repérées par les festivaliers-, les débuts de ce festival sont plutôt laborieux… En témoigne le peu d’enthousiasme des festivaliers à arpenter les rues habituellement bondées du centre, à l’instar de la fameuse rue des teinturiers dont les terrasses sont loin de faire le plein.

Quant aux théâtres eux-mêmes, c’est un peu la bérézina. Notre dizaine de collaborateurs se  retrouvent souvent dans des salles aux deux-tiers vides, avec un public pour l’essentiel local, en tout cas régional. Il semblerait que les outrances de certains militants de la CIP aient dissuadé les festivaliers de provenance plus lointaine de venir se coltiner les risques d’annulations en série ou même de perturbations des spectacles. Dommage. D’autant que le IN de son côté, à ses débuts en tout cas, a subi la même désaffection, doublée du mauvais sort d’une météo détestable. Double peine donc, qui n’est pas sans incidence sur la fréquentation.

Sans parler de l’humeur des spectateurs du IN, qui doivent avant chaque spectacle, se fader les poncifs revendicatifs de la même CIP -toujours les mêmes d’ailleurs, un peu d’imagination ne nuirait pas- dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont le don d’exaspérer un public venu partager un moment rare d’art avec des créateurs investis, et rien que cela…

Du IN, justement, dont la programmation fadasse est ennuyeuse au possible : un Prince de Hombourg mitigé, un Hypérion rasoir, un Don Giovanni vide de sens, (et de Mozart, bien sûr), un Orlando trop long et pénible, un Mahabharata japonisé et féerique, certes, mais très loin de celui de Peter Brook… Heureusement, Le sorelle Macaluso, Coup Fatal et Dire ce qu’on ne pense pas… sauvent un peu cette entrée en matière laborieuse.

Bref, Avignon cette année n’est pas une fête. Tant pis.

A. Héliot

Visuel : Orlando ou l’Impatience © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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