AVIGNON OFF : « SATANE MOZART » A L’ESPACE ALYA

LE BRUIT DU OFF / 11 juillet

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AVIGNON OFF : « Satané Mozart » jusqu’au 27 juillet à l’ Espace Alya à 22H10.

Nous sommes en enfer, accueilli par Lucifer, interprété par Jérémi Proietti, nouvelle recrue de la compagnie Swing’Hommes. Comédien, danseur, régisseur, mime, il est le fil conducteur de cette pièce est incarne son rôle à la perfection. Apportant toute la poésie, et une présence scénique incomparable, il œuvre en tant que chef d’orchestre et signe une création lumières diaboliquement recherchée. Dans son cabaret, nous avons le plaisir de retrouver, les fantastiques musiciens de « Beethoven, ce manouche », prix du public Avignon 2013.

Dans le rôle d’ Amadeus Mozart, Jérémy Bourges, ou « le magicien du piano », réinterprète les classiques et autres morceaux jazzy avec virtuosité. Et comme si le piano ne lui suffisait pas, il est également chanteur, et nous régale cette année d’un nouvel instrument : l’accordéon.

L’Ange Oliver, jouait par Olivier Marot, ou « l’Homo orchestrus-metronomo-habilis », rejoint la troupe en 2013. Contrebasse, basse électrique, trombone, chant… Maîtrise parfaite d’un nombre d’instruments de musique dont la liste serait trop longue, spécialisé en musiques nord-américaines et afro-caribéennes.

Le Démon Tepeneu, ou « Virtuose des calembours et des cordes avides », médaille d’or de guitare classique, est quant à lui, un fin et grand spécialiste des musiques gypsie et sud-américaines. Banjo, guitares, mandoline, percussions, chant, il n’a de cesse de nous surprendre, et c’est un engouement permanent et unanime lorsqu’il joue de la guitare ou de tout autre instrument à cordes.

Mozart, est accueilli en enfer, puisque incapable de terminer son requiem, par manque d’inspiration. Dieu, lui laisse donc une chance, de faire cela, afin de lui ouvrir les portes du Paradis…Accompagné de son Ange gardien, secondé par son Démon, le tout savamment régie par un maître de cérémonie qui n’est autre que le diable, nous assistons à un mélange des genres musicaux, qui est un pur bonheur. Mozart, découvrira, tout au long de ce sabbat musical, des genres qui lui étaient jusque-là complètement inconnus, venus du nouveau continent.

Choisir entre le bien et le mal, lui semble impossible, et le tiraillement entre les deux, étant permanent, il ne cesse de se contorsionner entre modernité et tradition, se livrant à des acrobaties musicales incongrues mêlant le style galant et l’inventivité du romantisme afin de faire cohabiter et de réconcilier les deux parts de son génie. C’est une fois de plus un moment musical extraordinaire, où la part du théâtre avec l’arrivée de ce nouveau personnage est d’autant plus importante et trouve toute sa place.

Un plaisir pour les oreilles puisque ces excellents musiciens réussissent à vous faire aimer tous les styles si ce n’est à les sublimer. Sans oublier, leur jeu de comédiens, à la fois touchant et loufoque, des jeux de mots, des notes d’humour sur l’actualité, le tout s’accordant parfaitement avec la mise en scène.

Émilie Touat

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