AVIGNON OFF / EXCLUSIVITE BDO : LE COLLEGE DE LA SALLE DEMENAGE !

LE BRUIT DU OFF 12 juillet

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On l’a dit et répété, Avignon concentre un nombre affligeant de lieux (le terme de théâtre ne peut évidemment pas s’appliquer !) qui ne respectent en rien ni les artistes, ni le public. Le BDO s’est donc rendu dans cette charmante usine à spectacles qu’est le Collège de La Salle pour tenter d’assister à une représentation. On aura la délicatesse de ne pas citer le spectacle ou la compagnie afin de ne pas la desservir mais franchement amis artistes : arrêtez d’aller dans de pareils lieux ! Vous vous faîtes du mal (et à nous aussi un peu au passage…).

Récit, en détail, de ce qui restera un de mes pires souvenirs de spectateur… Passé la billetterie (seul moment sans problème, c’est là que l’on donne le pognon donc tout va bien !), j’erre dans l’immensité de ce lieu à la recherche de la signalétique…Ah, là-bas au loin, il me semble reconnaître le nom du « théâtre » que l’on m’a indiqué. Un pas à gauche, trois pas à droite, quatre en avant, huit en arrière, c’est fait je suis perdu ! Mais enfin ce satané panneau m’indique bien, par une flèche pointée vers le bas, que je suis tout prêt… Je passe sous le panneau et là, plus rien, je me retrouve vers des locaux techniques. Retour en arrière, donc…

C’est à cet instant que j’évite de justesse un bonhomme souffrant tous les diables à porter une énorme machine-outil. Quelle n’est pas ma surprise quand je découvre qu’effectivement un déménagement est en cours, camions, plateaux à roulettes, bureaux démontés et dont les éléments reposent au sol et le temps qui passe, ça y est je suis en retard et cela commence à me chauffer les oreilles. Je retrouve ce foutu panneau et me surprend à suivre la flèche jusqu’à mes pieds en sentant l’angoisse venir : si cela se trouve je suis sur le plateau !!

Tout en tenant une porte pour aider un nouveau porteur de machine, je demande à deux personnes installées à leur bureau : « heu, excusez-moi, je cherche le théâtre de… ». Réponse automatique qui démontre qu’on leur a posé la question 100 fois : « première à droite ! ». « Euh, excusez-moi encore mais il est marqué -atelier laboratoire- sur la porte ??? ». « C’est normal et c’est bien là ! ». Si c’est normal alors… allons-y ! J’approche l’oreille de la porte et grâce à l’excellente insonorisation (sic), je réalise qu’effectivement, derrière cette porte il y a un spectacle en cours mais est-ce le bon, mystère !

Nouvelle angoisse, sur quoi vais-je tomber en ouvrant cette porte ? Sur les gradins, sur le plateau, dans les loges et la colère toujours mais qui cette fois est à son comble : ok, ça suffit je me tire ! En repassant devant la billetterie, je croise la demoiselle qui m’a donné le billet et qui me propose de m’accompagner, j’hésite, elle sent très bien ma colère mais bon elle n’y est pour rien, retour au «l’atelier-laboratoire ». Cette fois ce sont les camions de déménagement qu’il faut éviter (il faut une prime de risque pour aller au Collège de La Salle !), ouverture de la porte et enfin la vision du gradin qui ne donne d’ailleurs pas grande confiance. Deux pas pour accéder à un siège où je tente de déposer discrètement mon séant, erreur !! C’est toute la rangée de sièges (une bonne vingtaine) qui bascule en arrière dans un brouhaha qui vous colle la honte, merci pour le public !

Enfin, me voilà assis mais totalement immobile de peur de faire encore du bruit et ainsi déranger artistes et public. C’est à cet instant que la fameuse insonorisation de la salle donne l’étendue de son efficacité : portes qui claquent, suite du déménagement et les comédiens qui se débattent, comme si ce n’était pas déjà pas suffisamment difficile pour eux. A la sortie du spectacle, c’est à priori une bonne partie des machines-outils qu’il faut enjamber pour atteindre la cour et se sauver vite, très vite, ce que devrait aussi d’ailleurs faire les compagnies tout du moins de cette salle…

Je n’ose pas demander à la compagnie le prix du créneau mais bon au doigt pas trop mouillé, cela doit approcher des 5000 ou 6000 €, ça fait un peu cher le déménagement…

Vincent Marin

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