VICTOR OU LES ENFANTS DU POUVOIR, AU THEÂTRE ACTUEL

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LEBRUITDUOFF.COM / 17 juillet 2014
« Victor ou les enfants du pouvoir » au Théâtre Actuel / 15h20 – durée 1h25 / jusqu’au 27 juillet. Mes : Léonie Pingeot.

Léonie Pingeot met en scène La Compagnie Framboise dans « Victor ou les Enfants du pouvoir » de Roger Vitrac. Victor fête ses neufs ans avec ses parents, ses voisins, le général Lonségur et son amie Esther. Cet anniversaire sera loin d’être une fête sympathique, comme on peut le penser, Victor va révéler un secret familial et se délecter de ce pouvoir infini de nuisance.

La table d’anniversaire est dressée dans la salle à manger, juste éclairée d’une lumière sombre et inquiétante faisant redouter l’inaperçu à chaque recoin. Victor est un garçon très intelligent, avenant, élevé dans le conformisme de la bourgeoisie. Sous son air angélique, il donne d’emblée le ton général de la pièce qui se veut inquiétante et étrange. Ce gentil garçon va d’abord accuser la bonne Lili d’une faute qu’il a commise intentionnellement, au sarcasme grandissant à chaque seconde, ce sale petit monstre va bafouer méthodiquement et avec délectation chaque invité.

Un pianiste dans le coin de la scène accentue le ton oppressant de la situation de ses notes les plus graves. Les comédiens sont nombreux en scène, aucun d’eux ne dénote dans l’interprétation de cette troublante histoire. Victor, malicieux à souhait, mène tout ce monde à la baguette et positionne les adultes dans des situations loufoques.

Une atmosphère inquiétante prédomine dés les premiers instants de ce spectacle, du fait du texte d’abord, puis par le jeu des comédiens qui parviennent à entraîner le public dans le monde étrange de Victor, suscitant une irrésistible envie d’en savoir plus sur ce garçon, digne héritier de Machiavel. L’attitude de Victor dérange et irrite, le rythme soutenu, sans temps mort, passe par l’âcreté malsaine, des situations loufoques pleines d’humour ainsi qu’une palpitante ambiance mortuaire digne du « théâtre de la cruauté ». Une lourde ambiance que l’on peut ressentir dès la fin du spectacle dans le regard interrogateur et inquiet des spectateurs.

Béatrice Stopin

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