AVIGNON OFF : « ENFANTILLAGES » A L’ART EN SCENE THEATRE

LE BRUIT DU OFF / 18 juillet

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AVIGNON OFF : « Enfantillages » à l’Art en Scène Théâtre jusqu’au 27 juillet à 16h30.

Vous savez cette pièce que l’on cherche tous. Se débattant entre les tracts, affiches et les quelques mots se trouvant dans le programme du off. Cette pièce-là, dont le souvenir restera à tout jamais dans votre mémoire, celle dont vous ne pourrez vous passer de parler, celle pour laquelle ce que vous avez ressenti est tellement intense, qu’il vous faudra plusieurs longues minutes avant de retrouver vos esprits et vos mots… Cette pièce-là !!!!

Évidemment le visuel est important, et c’est ce qui va, aux premiers abords, vous donner envie, ou pas, de découvrir quelqu’un ou quelque chose! C’est tout ce dont dispose une compagnie, pour vous « appâter »…Et bien, dans un premier temps, c’est l’affiche de cette pièce qui m’a parlé puis les quelques phrases, me racontant comment un petit garçon attendrissant allait me faire voyager, et me replonger en enfance au travers de différents personnages.Le boucher, le commis du boucher, le prêtre, la mère Michel et son chat, le père Lustucru et ses œufs frais, sans oublier Marcel mais également la sœur de Marcel et sa « bête à poils »…

Tour à tour, son regard se porte sur chacun de ces personnages, avec une tendresse et une émotion, hors du commun. Un voyage, qui ne nous laisse pas de marbre, les sujets traités sont aussi douloureux que joyeux, on va entre autres, découvrir comment un petit garçon, découvre avec son ami Marcel, l’anatomie d’une femme regardant à travers la serrure de la porte de sa chambre, mais également comment un prêtre durant les leçons de catéchisme, va tant bien que mal, essayer de trouver les mots justes pour répondre aux questions de ce jeune garçon, la cruauté d’un boucher, armé de sa hache et autres couteaux…

Un instituteur tyrannique, œuvrant pour la « République », tentant par tous les moyens, et même sous la menace de maîtriser sa classe. La liste est, bien sûr, non exhaustive, et c’est avec un talent rare, que Laurent Mascles, adapte avec tant de poésie et d’émotions, « Enfantillages », de Raymond Cousse.Dès le lever de rideau, le regard de cet enfant vous pénètre, il est à la fois attachant, naïf, et réussi le pari de faire vivre ses personnages aux travers de ses yeux. La mise en scène de Serge Irlinger, y est bien évidemment pour beaucoup, pas de surcharge de décors, simplement quelques draps, dévoilant une chaise, ou deux…

Le récit est puissant, traitant de l’absurdité, de la cruauté et de l’injustice du monde, et des Hommes, c’est un monologue précis, aux mots justes, aux intonations parfaites, capable d’aborder la pédophilie, l’homosexualité, le paradis, la mort… Avec douceur et subtilité. On en sort complètement bouleversé, les jambes tremblantes, les frissons nous parcourent le corps, les larmes emplissent nos yeux. Un grand, un très grand moment de théâtre.

Émilie Touat

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