LES ENSORCELEUSES : INTERMEDE MUSICAL AU CABESTAN

le-quartet-buccal-vk2c

LEBRUITDUOFF.COM / 21 juillet 2014
AVIGNON OFF : Les Ensorceleuses par le Quartet Buccal / Au théâtre du Cabestan jusqu’au 27 Juillet.

Elles sont quatre et vous accueillent à l’entrée de la salle avec gong, sauge, potions et prières : les ensorceleuses vous proposent d’écouter leurs problèmes de cœur (et de pôle emploi) afin de régler les vôtres. Utilisant un accordeur/métronome pour ressentir les vibrations du public, un plombage pour vérifier que les portables sont bien éteints, dès le début l’ambiance est posée : le mysticisme sera de mise mais mâtiné d’humour.
Un peu magiciennes, un peu menteuses sur les bords, très souvent drôles et vraiment touchantes, le Quartet Buccal propose un spectacle où se mêle intelligemment chant, théâtre, conte et même un peu de divination.

Le spectacle fonctionne car il est truffé de second degré mais en même temps, on sent qu’elles ont envie d’y croire, à toute cette magie des forêts. Et de ce fait, nous aussi, on a envie d’y croire. Alors on plonge, dans l’univers, dans les chansons, dans les histoires. Cet entre-deux, moitié déconne moitié croyance, permet aussi de déplacer très facilement le curseur de l’émotion. Les chansons peuvent ainsi passer du très léger burlesque à la chanson d’amour intense et intime : la soirée n’en sera que plus divertissante et complète.

Dans une scénographie simple mais très efficace pour créer une ambiance ésotérique à propos, les quatre ensorceleuses jouent de la voix avec brio, notamment Alejandra Roni-Gatica qui peut aussi bien prendre la ligne de basse que les lied fins et virtuoses. A l’aise dans tous les registres, elle mène le public par le bout de l’émotion.

Même si certains faciès peuvent être un peu excessifs, la mise en scène joue avec simplicité et sans systématisme des codes du genre. Tous les moments participatifs, qui pourraient mettre un certain public mal à l’aise, sont pris avec légèreté et passent comme une lettre d’amour. Le spectacle est d’autant plus grand public qu’il y a rarement plus de deux voix différentes : la partition en devient donc plus légère, plus évidente afin de passer un moment bien frais après une chaude journée d’été.

Bruno Paternot

Un extrait du spectacle :

Advertisements

Les commentaires sont fermés.