AU CHÊNE NOIR, CHRISTOPHE ALEVÊQUE EN QUICHOTTE DES PLATEAUX

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« Ça ira mieux demain » – Christophe Alévêque – Chêne Noir 21h00 – durée 1h30 – Festival OFF 2015

« Place à l’imagination » ! Comme un leitmotiv, Christophe Alévêque revendique son besoin de rêve et de révolte, stand-up ? Seul en scène ? Même si il ne renouvelle pas le genre, l’humoriste est bien plus proche des Desproges ou Bedos que de la légion des humoristes actuels qui sévissent toujours plus nombreux dans le festival Off au Palace, Paris ou autre boîte à rire…

Comme un gag de répétition, Christophe Alévêque se met dans la peau d’un de ces ersatz d’humoristes et propose un début de sketch lénifiant, mais sa rage reprend vite le dessus et le naturel revient au galop. Il attaque par ce qu’on appelle la jeunesse mais qui n’en a que l’âge et une gélifiante attitude, une jeunesse souvent plus prompte à donner son avis sur les réseaux sociaux qu’à réellement s’impliquer et se battre.

Tel Don Quichotte il apparaît sur une monture imaginaire accompagné de Sancho, le candide un peu niais du spectacle interprété par Francky Mermillod. Quelques vérités absurdes relancent un début de spectacle un poil mou et moite, il faut dire que l’humoriste a semble-t-il pris le parti de passer du désenchantement à cette révolte que l’on lui connait bien. Quoiqu’un peu long, ce palier semble logique dans cette forme-là et la suite propose une montée en puissance dans l’intensité du spectacle. Les autres sketches s’enchaînent dès lors avec toujours plus de vélocité et de férocité et le public rit volontiers à ses cours d’économie absurdes. Tel un Ubu économiste, Christophe Alévêque nous jette à la face toute l’absurdité d’un système sans fin qui nous met à terre et que nous cautionnons souvent par lâcheté ou, comme l’autruche, par peur et ignorance volontaire.

L’humoriste reprend son souffle poétique par de courts interludes au piano et termine un spectacle agréable par une note d’espérance et de joie en interprétant « C’est extra » de Léo Ferré (clin d’oeil à la salle du Chêne accueillant le spectacle et portant le même nom). Repris au Rond-Point en Septembre 2015, ce spectacle fait du bien dans cette période de consensus mou où la mode est plus à l’humour prémâché radiophonique issu de la télé, qu’à une vraie patte de bouffon pitbull. Ils sont très peu sur Avignon à avoir cette gnaque et Christophe Alévêque en fait partie. Il n’y a plus qu’à espérer maintenant que cette race d’humoriste ne soit pas en voie d’extinction mais il ne tient qu’à nous qu’ils ne disparaissent pas …

Pierre Salles

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