« HACIA LA ALEGRIA », PEDRO CASABLANC REMARQUABLE DANS LA MISE EN SCENE D’OLIVIER PY

FESTIVAL D’AVIGNON : Hacia la Alegria – Olivier py – avec Pedro Casablanc – du 7 au 14 juillet, l’autre scène, Vedène, 18h – durée 1h15.

La seconde proposition d’Olivier Py pour ce IN 2015 est une véritable et belle surprise ! Extrait de son roman « Excelsior », « Hacia la alegria » propose en 1h15 (quand on vous dit qu’il n’y a nul besoin de faire 4h pour faire bien !), une course, la course d’un cinquantenaire brutalement réveillé.

C’est en pleine nuit que cet architecte « saute » du lit, tombe, se relève et cours, immédiatement, résolument, loin…quoi que ? Pedro Casablanc donne d’entrée le ton, la course vers la joie sera intérieure mais au milieu d’une ville, celle qu’a construite l’architecte : la traversée de cette ville sera la traversée de sa vie, de ses échecs, de ses angoisses. Rien de très nouveau certes mais force est de reconnaître qu’olivier Py « organise » cette course de façon plutôt subtile sans jamais tomber dans ses travers autrement dit dans la lourdeur d’une mise en scène « m’a tu vu » dont on le sait coutumier.

L’immense talent de Pedro Casablanc fait beaucoup et l’on imagine aisément une direction d’acteur « easy », luxe de tout metteur en scène ! Si le texte a été traduit en espagnol on ne peut que saluer (enfin !) un surtitrage de qualité tant dans la synchronisation avec le comédien que dans sa technicité offrant au public un véritable confort de lecture. Au regard de ce que l’on a pu voir les années précédentes dans le In, il semble bien que la technique du surtitrage soit enfin maîtrisée, reste à l’appliquer à tous les spectacles…

Si la mise en scène reste plutôt sobre, ce n’est pas le cas de la scénographie, luxueuse certes, mais redoutablement efficace. L’immense et superbe mur qui laissera apparaître un appartement et des surfaces de projection est un grandiose terrain de jeu pour Pédro Casablanc et comme nous sommes dans une production internationale dotée de moyens certains, l’architecte pourra courir sur un tapis roulant intégré au plateau… la classe !

Aucun doute ! On sort de la salle marqué, griffé mais pas blessé et là est bien toute la douce alchimie trouvée par Olivier Py qui main dans la main avec Pedro Casablanc, jette au public le désarroi et les douleurs d’un homme en échec, dans un décor et une ambiance sombre et glauque ; mais c’est bien une certaine allégresse qui nous reste en tête. Si le Bruit du Off n’est pas « très fan » d’Olivier Py (et c’est peu de le dire) il reconnaît bien volontiers la qualité de ce travail. C’est peut-être cela le vrai talent d’Olivier Py : prendre son texte, l’offrir à de grands interprètes, développer une mise en scène sobre bref, tout l’inverse de ce que l’on peut voir quand on lui laisse les clefs de la Cour d’Honneur…

Henry Waterman

photo (c) Christophe Raynaud de Lage

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