« KING DU RING » A L’ARTEPHILE : L’INJUSTICE DU OFF !

LEBRUITDUOFF.COM – 20 juillet 2015

« King du Ring » – mes Alexia Vidal – jusqu’au 26 juillet (relâche le 22). Artéphile 17h15 (durée 1h30).

Il suffit, comme on dit ! Autant le dire tout de suite, une certaine colère anime ce papier. Ras le bol de déguster une perle, brillante, très brillante et de ne la partager qu’avec une vingtaine de spectateurs… « King du ring », c’est une proposition époustouflante et rare, qui flirte avec cette inaccessible étoile que chantait l’autre roi des Belges. La prise de risque est certaine mais ne peut en rien expliquer que la salle d’Artéphile ne soit pas pleine, bondée. Côté texte, nous ne sommes pas dans une forme fleuve mais plutôt océanique !

Ecrit par Rémi Checchetto dans « une langue » malaxée et remalaxée, la fluidité est totale au service unique du propos et, quel propos ! «King du Ring », c’est toute l’histoire du boxeur noir américain, Muhammad Ali, contée et racontée par lui-même et à lui-même. Focus rigoureux sur les Etats-Unis des années 60/70 et coup de loupe sur les Américains de ces années fastes, tout y passe et trépasse, le constat est noir, bien plus noir encore que la peau même du boxeur.

Pour l’interprétation, c’est Adeline Walter qui prend les gants au sens le plus strict et certainement pas au sens de l’expression populaire : non, Adeline Walter ne prend pas du tout de gants pour vous envoyer la prose de Checchetto, vous la prendrez « en pleine face », comme une droite sauf qu’elle mettra 1h30 à se déployer avant de vous percuter… ça fait encore plus mal ! En tenue de boxeur, seule, Adeline Walter, boxe le plateau avec énergie pure et dure. Parfaitement mis en scène par Alexia Vidal et avec Marie Jumelin, une référence, à la création vidéo « King du ring », se trouve être aussi une création bref, le Off ne saurait plus offrir la plus belle vitrine à un théâtre contemporain, de création et radical. Autrement dit, le Off poursuit son délitement et ne répond plus à sa fonction ou en tout cas bien trop rarement.

« King du ring » c’est une perle cachée par un de tas merdier que personne ne se décide vraiment à contourner. Mesdames et messieurs, élus en charge de la culture, fonctionnaires des services culturels des nombreuses collectivités bla bla, des DRAC machins, du ministère de la Culture bidule et autres gouzi gouzi qui servent pas à grand-chose : allez-vous vous bouger le séant pour accompagner ce qui est le théâtre de demain et accessoirement faire votre métier. Il n’est plus supportable de vous observer en train de noyer le poisson avec vos tables rondes, états généraux ou symposium à la c… autour de « la problématique du public de demain : qui est-il, où est-il ! ». Au cas, où vous n’auriez pas remarqué, pour avoir un public, il faut un spectacle ! Demandez-vous plutôt comment accompagner ceux qui font le théâtre de demain, vous verrez le public sera là… Si, si !!

Ah, oui, au fait un conseil d’ami. Ne réservez pas d’autre spectacle immédiatement après « King du ring », laissez-vous quelques heures, le temps que votre mâchoire retrouve sa place…

Henry Waterman

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Comments
4 Responses to “« KING DU RING » A L’ARTEPHILE : L’INJUSTICE DU OFF !”
  1. Sylvie dit :

    si le Bruit du off pouvait nous guider plus en amont vers des prises de risque plutôt que de conseiller éternellement les mêmes lieux, theatre des Halles, Manufacture, avec quand même un peu le GiraSole cette année, lieux que tout le monde connaît déjà, cela nous permettrait sans doute de découvrir quelques perles rares en effet. Malheureusement, moi, demain je ne serai plus là ! Comme beaucoup.

    • Détrompez vous, les petits lieux et autres salles infréquentables, ns les faisons aussi, hélas. Lisez notre fil de critiques ou « Le Buzz des spectacles », et vs le constaterez. Malheureusement, les bons spectacles se trouvent toujours ou presque dans les bonnes salles, et ça paraît logique, en fait…

  2. Bonjour,

    Je comprends votre déception de ne pas voir plus de monde partager votre point de vue sur ce spectacle remarquable (dont vous ne dites pas grand chose finalement, à part des choses très générales).
    A voir en effet, et à écouter (si l’on peut, et si l’on est quand même bien en forme).

    Dommage que vous en profitiez pour dézinguer les « élus en charge de la culture, fonctionnaires des services culturels des nombreuses collectivités bla bla, des DRAC machins, du ministère de la Culture bidule et autres gouzi gouzi qui servent pas à grand-chose », certains de vos lecteurs en sont. Et ont bougé leur séant avec certainement des exigences plus fortes encore, en matière de spectacle, que celles que vous exprimez ici.

    Pourquoi partir du postulat qu’on est de toutes façons des gros cons?
    D’ailleurs pour la petite histoire, nous étions au moins deux DRAC ce jour-là au spectacle. Et il me semble que c’est encore un expert DRAC qui a publié le texte aux Éditions Espaces 34.

    Dommage aussi que vous dézinguiez le Off en disant qu’il ne propose plus de vitrine aux spectacles contemporains de qualité. Les salles qui programment elles-même leurs spectacles le font. Preuve en est. Beaucoup d’autres font du commerce, en effet.

    Si ces gros cons de DRAC ne servent à rien, pourquoi devraient-ils selon vous venir aux spectacles ? Votre cheminement ne tient pas debout.

    Mais j’aime bien discuter.
    Bien à vous,
    Danielle Krupa / Allez Zou
    Spectatrice
    et plus accessoirement, membre du Comité DRAC Spectacle vivant, cirque et arts de la rue du Languedoc-Roussillon