AVIGNON OFF : IL SUFFIT DE DEMANDER

TM October (1)

LEBRUITDUOFF.COM – 27 juillet 2015

Quoi de plus agréable que la douce voix de Greg Germain, dans le poste, à 6h du matin, au moment de quitter Avignon pour quelques vacances…. Non me direz-vous, rien n’est plus agréable ! Pour ne surtout rien rater, on monte un peu le son, histoire d’entendre encore quelques dernières âneries. « Le Off poursuit sa belle évolution, ce festival est plus que jamais la rencontre de tous les publics, de toutes les compagnies, de tous les programmateurs, de toutes les esthétiques ! Je prends bien volontiers ma part dans toutes les actions initiées par l’association que je préside et particulièrement dans l’accompagnement vers une plus grande professionnalisation. Quant à la fréquentation, elle progresse encore : 54000 cartes vendues à 5 jours de la fin du festival Off ».

N’en jetez plus, l’onanisme microphonique de notre président est à son comble ! Bon, on ne va pas démonter, comme chaque année, les arguments fallacieux au service unique de l’auto satisfaction : oui, c’est grâce à vous, le Off vous doit tout Monsieur Germain ! Il vous doit, entre autre d’être privé de subventions depuis votre coup d’état de 2005 par exemple.

Tiens, justement en parlant de subventions. Une brève rencontre avec un membre du ministère de la culture se conclue ainsi : « Il manque pas d’air le Greg. Il nous a gonflé pendant des mois (2005-2006 NDLR) en répétant dans tous les médias, dont ils raffolent d’ailleurs, que le Off n’avait pas besoin de subventions; et maintenant il vient pleurer…« . La position de l’administration du ministère est la même depuis dix ans : rien, nada, quetchi, walou… ». Et oui, un gars haut placé, « ça cause aussi comme ça ! ». Notez bien que si la postion du ministère est celle-ci, elle n’a pas changé d’un iota et que ce soit sous un gouvernement de droite comme de gauche : respect mon général, belle performance !

Pour preuve de la parfaite connaissance de cette réalité, lorsque le président d’AFC (Avignon Festival et Contrefaçon…) reçoit le premier ministre en son théâtre, c’est une autre de ses casquettes qu’il enfile à savoir celle de sa présidence pour la promotion de la culture d’outre mer et à ce titre qu’il demande des thunes. C’est vrai que, comme dit l’autre, il ne manque pas d’air ! Pour ce qui est de sa reconduction à la présidence, les paris sont ouverts, il va rester pour rendre service, se dévouer encore une fois, la bonté même. On dirait du Sarko dans le texte, remarquez bien qu’ils ne sont pas copains pour rien ! Bref, tout cela pour se désespérer encore un peu plus d’un Off qui continue de se perdre dans des questions sans réponses et qui ne servent qu’à noyer le poisson :

– il y a trop de spectacles dans le Off : qui pourrait bien avoir le sectarisme d’apposer quelques limites !
– il y a trop de « merdes » dans le Off : réponse identique !
– cela coûte trop cher aux compagnies : réponse « coluchienne » : « il suffit que les gens n’achètent pas pour que ça se vende plus… » …

Moralité, au lieu de vous gargariser de cette pseudo-réussite qui ne repose que sur la quantité (cf « Le plus grand théâtre du monde » alors que franchement « Le plus beau théâtre…. » ce serait tellement plus poétique) ; réflechissez un tant soit peu à d’autres formes d’actions et d’accompagnement envers les compagnies. Des idées, il y en a, nous avons, les mêmes depuis 10 ans, les mêmes que Greg Germain a faites INTERDIRE (les mots sont plus que pesés NDLR). Suffit de demander, mais ça, c’est manifestement plus complexe pour l’ami Greg que de demander des thunes…pour lui !

Henry Watterman

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Comments
2 Responses to “AVIGNON OFF : IL SUFFIT DE DEMANDER”
  1. Jean BLANCHARD, Portets, 33 dit :

    « Des idées, il y en a, nous avons, les mêmes depuis 10 ans » … J’aimerais bien connaître ces idées là, s’il vous plaît, tant il est vrai que la multiplicité des spectacles devient insupportable.
    Je comprends que d’accepter ou non un spectacle dans le « off » s’apparente à de la censure, qu’il en faut pour tout les goûts (y compris pour les « bofs » et les bidochons ») – mais était-ce la vocation initiale du Off?-, et que les compagnies qui proposent n’importe quoi sont sanctionnées par le manque de spectateurs qui ne s’y feront pas prendre 2 fois…
    J’ai vécu un Off plus calme cette année, chaud dans les rues sales, et il y a bien un « In » dans le « Off » et des théâtres repérés (après 8 ans de présence, on y arrive).
    Juste vous dire encore que le dureté de vos critiques pourraient, me semble t’il, vous décrédibiliser à force, et ce serait dommage.
    A l’année prochaine et merci de répondre à ma première question, je n’étais pas à en 2005
    Cordialement