AÏCHA M’BARECK & HAFIZ DHAOU, « NARCOSE », LA PARENTHESE

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LEBRUITDUOFF – 12 juillet 2016.

AVIGNON OFF : Aïcha M’Bareck, Hafiz Dhaou : Narcose (étape de travail) – La Parenthèse.

Gravity.

Pour signer leur retour dans la cour de La Parenthèse dans le cadre du programme La belle Seine Saint Denis, Aïcha M’Bareck et Hafiz Dhaou n’y vont pas avec le dos de la cuillère – ni même d’une pelle, comme le spectacle précédent de Satchie Noro et Dimitri Hatton Bruissements de pelles.

Grégory Alliot rentre, déterminé, opérant une rotation vive des bras donnant l’impression qu’il y en a plusieurs, qu’ils sont immenses… Il gardera cette ligne droite de cours à jardin pendant quasiment toute la durée du spectacle. Seul son buste bouge. Les jambes et les pieds semblent ne pas lui servir. C’est prodigieux. Entre Stéphanie Pignon et Johanna Mandonnet suit quelques minutes après, toutes deux plus habituées de la cour comme du travail des deux chorégraphes.

Dans ce travail en cours, Aïcha M’ Bareck et Hafiz Dhaou donnent le ton de ce que sera sans doute l’ambiance voire la danse de leur prochaine création.

Pas de sol. Pas de porté. Pas de corps qui se touchent. Chacun dans son spleen. La danse va vite. Elle est puissante. Chacun des danseurs trace son sillon. Il y a une urgence. Le rythme se calme. Une sorte d’échappée lunaire, comme en apesanteur. Les yeux sont mis clos. Le sommeil artificiel de Narcose est bien là.

Les danseurs ont fixé la face côté jardin à notre gauche et leur échappée prend toujours ce trajet. Une fois arrivés au bord du plateau, ils retournent à leur place et reprennent leur danse. Ils s’immobilisent. Ils se tournent face à nous. C’est la fin. Ca dure 30’.

C’est beau et fort. C’est la preuve d’une maîtrise magistrale du propos, de la direction des danseurs car, fait rare, aucun des deux chorégraphes ne danse dans ce trio et pourtant ils sont là. On reconnaît l’urgence de leur danse, son côté essentiel, vital. Ils ne produisent pas une pièce de plus. Ils affinent un geste qu’ils portent longtemps en eux.

Ils vont être artistes associés au CCN de Belfort et ce n’est pas du luxe pour des artistes qui arrivent à maturité et qui sont sans doute dans leur génération les plus attachants et les plus délicats des auteurs chorégraphiques. A voir donc, les yeux grands ouverts !

E Spaé

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