« LA BANDE A BONNOT », ALAIN GUYARD, LES LUCIOLES

bonnot

LEBRUITDUOFF – 17 juillet 2016.

La Bande à Bonnot – Texte d’Alain Guyard – Mise en scène : Emmanuel Besnault – Théâtre des Lucioles à 20h45.

La Bande à Bonnot ! Le titre de la pièce renvoie inconsciemment à une multitude de clichés populaires, allant du pittoresque au terrorisme le plus violent en passant par l’engagement politique, l’idéologie anarchiste, le crime…

Au-delà de l’Histoire, l’imagination populaire en a fait tour à tour le symbole de l’horreur et du crime ou celui du mouvement anarchiste de ce début de vingtième siècle à la recherche d’un idéal.

Le texte d’Alain Guyard est loin de tous ces poncifs, loin des faits historiques ou des actes criminels qui sont tout juste évoqués. Ce sont les hommes qui comptent, leurs blessures, leurs tourments, leurs contradictions, leurs rêves d’Absolu.

Car cette Bande n’est pas si soudée que ça. C’est la rencontre hasardeuse, autour d’une utopie fascinante, d’hommes mus par des motivations complexes et différentes.

Jules Bonnot, interprété avec nuances par Jean-Marc Catella, apparaît comme un homme tourmenté, malheureux dans la vie, chef de bande malgré lui et pris dans une spirale de violence autodestructrice. L’engagement politique et l’idéal libertaire paraissent passer au second plan.

Les autres membres de la « bande » croient tous en un monde meilleur mais leurs moyens et les voies pour y parvenir sont différents. L’un, dit « Raymond le Science », interprété par Sylvain Seguin, aborde l’anarchie par la littérature, les mots et les idées. L’autre, Octave Garnier, interprété par un Guillaume Lanson inquiétant et fanatique, croit en un idéal généreux qui ne se gagnera que par la violence.

En marge de la bande, Jacques Dau interprète un journaliste anarchiste, défenseur de la liberté, solidaire par les idées mais qui désapprouve les méthodes.

Sa compagne, interprétée par Flavie Avargues, est une figure de proue du mouvement anarchiste, féministe avant l’heure. Elle sera la seule à écrire ses mémoires « Souvenirs d’Anarchie » et à survivre jusqu’en juin 1968 pour assister avec étonnement, sans doute avec un brin de nostalgie, au fait que le grand amphi de la Sorbonne soit rebaptisé « Jules Bonnot » en mai.

La mise en scène est efficace et les acteurs convaincants. Le décor laisse transparaître le monde extérieur mais enferme les personnages dans un huis-clos étouffant face à leurs contradictions, dans des dialogues intimistes ou violents.

Cette pièce résonne étrangement avec les évènements actuels. Quelles sont les motivations de ces crimes aveugles ? Idéologie politique ou religieuse ? Croyance en un monde meilleur ? Mal-être et besoin irrépressible d’autodestruction ? La porte reste ouverte…

JLB

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