« TABULA RASA », DE LA FAMILLE FAISONS TABLE RASE

Avignon Off – « Tabula Rasa » – Au Théâtre des Doms jusqu’au 26 juillet à 19h35 (1h) – Mis en scène et écrit par Violette Pallaro avec la complicité des comédiens.

Dans ce théâtre Belgo-avignonnais où la programmation a souvent été d’un haut niveau, voici le spectacle dont on entend le plus parler cette année dans les files d’attentes, et avec comme objet de départ la table des repas familiaux. La table est plus qu’un meuble. Elle est le témoin de la famille en construction, des interactions passionnées et violentes et des moments de convivialité particuliers à chaque famille. Nous avons face à nous le père, la mère, la fille et le fils. La famille idéale donc ? Et si nous imaginions un instant qu’il y avait un cinquième membre dans cette famille, et que nous imaginions où était-il assis, pourquoi il n’est plus là. Et quand est-il de celui ou celle qui est là mais que personne ne voit ?

Toutes ces questions sont posées, développées, exploitées, expérimentées et on sent bien dans cette proposition les semaines de résidence et le travail d’écriture de plateau qui on conduit à développer tous ces sujets et surtout la manière dont les familles les encaissent. Pour nous faire entrer dans ce lieu intime, une voix off, neutre et un poil inquiétante, nous accompagne. Puis chacun nous raconte l’histoire de sa famille en commençant par la place qu’occupaient leurs proches autour de la table et de ce que ces places révélaient sur leurs relations et leur caractère. Et quand derrière toutes ces anecdotes joyeuses et nostalgiques apparait le mal-être de certains, le malaise, les secrets de familles et les erreurs, la pièce bascule soudainement.

Car nous suivons beaucoup de familles en peu de temps ! C’est un enchainement d’histoires d’une table ou de plusieurs, de membres d’une même famille ou de ceux qu’on rajoute, de phrases gênantes, d’anorexie que les parents ne veulent pas voir, de dettes accumulées et parfois de ces phrases violentes anodines dans la bouche de ceux qu’on aime mais qui nous glacent jusqu’au sang : « On s’est aimés, on t’as eu, on t’as gardé ! ». Plus on avance dans cette pièce et plus on y est pris. La multitude des problématiques sociales abordées, la variété des émotions véhiculées et leur cohabitation parfois violente, la performance des quatre comédiens et comédiennes, font que ce spectacle généreux et intelligent vaut le détour.

Baptiste Rol

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