« LETTRE A UN SOLDAT D’ALLAH », HYMNE A LA VIE

LEBRUITDUOFF.COM – 11 juillet 2018.

AVIGNON OFF 2018. « Lettre à un soldat d’Allah – Chronique d’un monde désorienté » – Mise en scène : Alain Timár d’après un texte de Karim Akouche – Théâtre des Halles – FestivalOff 2018 – Du 6 au 29 Juillet 2018 à 14h00 (Relâches les lundis 9, 16 et 23)

Le metteur en scène Alain Timár travaille souvent par nécessité, celle d’un artiste à dire les choses de son temps, sans détour si ce n’est celui de la poésie et de la distance nécessaire. Lorsqu’Alain Timár découvre le texte du poète algérien Karim Akouche, il s’opère en lui comme une évidence : il doit mettre en scène sans plus tarder ce cri de rage et d’espoir.

Sur scène, un paperboard, une petite table, peu de décors pour démontrer l’évidence comme sait si bien le faire Alain Timár. Le superflu n’est pas utile quand les mots sont forts et lourds de sens, et ce sont bien ces mots que nous délivre avec conviction et justesse le comédien Raouf Raïs. La question essentielle est cet abîme dans lequel le monde s’enfonce, celui des « .istes » : Islamistes, consuméristes, extrémistes… Mais justement aucun manichéisme dans l’écriture de Karim Akouche qui, même s’il est un fervent opposant à l’Islamisme, n’oublie pas de nous mettre sous le nez nos propres errances, celles d’une consommation à outrance et dans laquelle « l’autre » n’a plus sa place. Mais même dans ce monde noir et chaotique, la puissance du texte et le talent surgissant de la mise en scène d’Alain Timár permettent d’offrir cette lueur d’espoir que seuls les poètes parviennent à faire surgir du néant.

Le comédien crie toute son incompréhension de voir des proches sombrer dans l’extrémisme, un ami, un frère, une connaissance. Comment expliquer et comprendre cet acharnement à aller vers la mort et l’obscur alors que tant de lumière peut émaner des relations humaines quand elles sont fondées sur la tolérance, la curiosité et la découverte ? Comment ne pas sombrer dans la folie ou le déni quand on voit des hommes mettre autant d’énergie à s’engager sur le chemin d’une mort certaine et même désirée plus que la vie ? Mais loin de n’être qu’une dénonciation, ce texte et cette pièce sont avant tout un cri d’espoir et un besoin absolu et légitime de liberté. Liberté pour toutes ces femmes prisonnières malgré elles, liberté pour ces jeunes qui ne connaissent que le chaos et pour nous, occidentaux, qui devons réapprendre la vie, celle du « vivre ensemble » et de la découverte de l’autre.

Un spectacle fort d’Alain Timár qui, avec son autre création « Les Carnets d’un acteur », lance comme un cri, un besoin impérieux pour que chacun d’entre nous retrouve ce goût de la vie, celui de la rencontre et de la tolérance. A découvrir sans attendre !

Pierre Salles

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