« L’AUTOPORTRAIT », PETILLANT DEBAT D’ARTISTE

LEBRUITDUOFF.COM – 16 juillet 2018.

AVIGNON OFF 2018. « L’autoportrait », compagnie les Lunes à tics, Espace St Martial, 14h20

La Cie des Lunes à Tics, installée à Miramas, créée par d’anciens élèves du cours Florent, est de nouveau présente à Avignon avec « L’Autoportrait », une pièce idéale pour les joyeux amateurs d’art qui ne se prennent pas trop au sérieux.

L’Art est en effet le cœur même du propos de cette conversation, références majeures aux Grands Maîtres à l’appui, entre une artiste et son modèle, qui n’est autre qu’elle-même.

L’auteur du texte qui écrit sous le pseudonyme de Paul Olivier, par ailleurs directeur de recherche au CNRS, nous plonge dans une réflexion intelligente et drôle sur la création, sans jamais être ni prétentieux ni donneur de leçon. Anne-Laure Denoyel, comédienne limpide et lumineuse, endosse le double rôle de l’artiste et de son portrait animé, avec beaucoup de nuance, de simplicité et de naturel.

Seule dans sa galerie Lola Lalo répète son discours avant l’arrivée des invités au vernissage de sa troisième exposition en sirotant du champagne.Elle est entourée de ses tableaux, dont un autoportrait, encore caché sous un voile, qu’elle considère comme le clou de son œuvre, ultime consécration de tout génie qui se respecte.

Faussement ingénue dans sa robe graphique, passionnée, un poil égocentrique, voire mégalo, elle s’emballe elle-même sur son propre chef d’œuvre. Soudain le tableau enfin dévoilé prend miraculeusement vie pour venir lui donner la réplique grâce à une jolie performance technique audiovisuelle et surtout à une parfaite coordination de la mise en scène entre la peintre réelle et son double virtuel.

Un dialogue pétillant et assuré sur la nécessité de l’art s’engage entre elles, tour à tour jalouses ou grandes copines, s’interrogeant sur le rapport entre l’artiste, sa production, et le spectateur, mais aussi sur la vie et les rapports humains.

L’échange est ponctué de petits ragots d’atelier qui viennent alléger un peu plus le propos, sans toutefois perdre le fil de la profonde réflexion qui s’est amorcée. Progressivement les questions se font plus insidieuses, agaçantes, poussent Lola dans ses retranchements, la déstabilise, ébranle ses certitudes, l’obligent à reposer un peu les pieds sur terre.

La créature ramène sa créatrice à la réalité lui signifiant que le rôle de l’art est peut-être avant tout de faire du beau, du sensible, de l’humain et qu’il est d’autant plus essentiel s’il redonne du sens à la vie.

Dans ce rêve/cauchemar éveillé, Lola s’est-elle perdue ou retrouvée ? Elle en ressort un peu sonnée, moins narcissique, et nous spectateurs, ravis de ce délicieux rafraîchissement.

Joëlle Gabella

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Comments
One Response to “« L’AUTOPORTRAIT », PETILLANT DEBAT D’ARTISTE”
  1. Guillemette Tascher Le Floch dit :

    déçus par ce spectacle, inégal, trop long…bof. On n’a pas trop aimé…

Attention, nos commentaires sont modérés : pas d'auto-promo ou de pub déguisée, ça ne passera pas. Pas plus bien sûr que les insultes. Merci.

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