« LETZLOVE – PORTRAIT(S) FOUCAULT » : ET APRES ?

LEBRUITDUOFF.COM – 22 juillet 2018.

AVIGNON OFF : Letzlove – Portrait(s) Foucault – Pierre Maillet – La Manufacture – 21 – 26/07/18.
Spectacle recommandé

Et après ?

Michel Foucault est une figure totem mondiale – n’enseignera-t-il pas à la prestigieuse Université de Berkeley ? – du monde intellectuel, de gauche, engagée et c’est donc toujours avec beaucoup de précautions que, d’une part, on utilise ses textes et que, d’autre part, on ose les mettre en scène, les dire à haute voix… Pourquoi ? C’est le cœur même du spectacle imaginé par Pierre Maillet autour des entretiens de Foucault avec Thierry Voeltzel qui le rencontra par hasard, lors d’un auto-stop vers Caen.

De cette rencontre est née une série d’entretiens publiés une première fois et qui fut un flop. Ils le furent une seconde, mais en mettant en avant le nom de Foucault. Ce sera un succès. L’ouvrage restera dans les annales. Une bonne partie de ce dialogue commandé par Claude Mauriac à Foucault sert de base à ce spectacle tout à fait d’à-propos. Il remet à l’avant de la scène les idées du philosophe et rappelle à notre souvenir la hauteur de sa pensée.

Il est d’ailleurs frappant d’entendre dans cette conversation énumérer tout un tas d’utopies ou d’idées qui avaient cours dans les années 60 – 70 et qui sont non seulement tout à fait datées mais complétement démonétisées face aux échecs cuisants du communisme ou autres idées généreuses qui ont fleuri avant et à la sortie de la seconde guerre mondiale. Se bat-on encore pour savoir s’il est utile d’étudier Marx ou Mao ?

Ce qui est aussi frappant, c’est que, malgré la différence d’âge, de classe sociale entre les deux protagonistes, Foucault sait se rendre accessible. Selon Voeltzel, il s’intéresse à tout, est curieux de tout, théorise assez vite, sait reconnaître le bon du mauvais sujet de débat et cela transparait absolument dans le dialogue admirablement mis en scène par Pierre Maillet…

Cela vient de Foucault, de sa personnalité, de sa gymnastique intellectuelle hors-normes, mais pas seulement, cela vient aussi de la performance de Maurin Olles, jeune comédien sorti de l’Ecole de St Etienne, qui est en tout point remarquable. Il ne fabrique rien. Un jean pat d’eph et le voici jeune des années 70. Il apporte sa candeur à des paroles parfois crues, tout à fait dans l’air du temps post 68 mais qui maintenant seraient censurées par Facebook ou autres médias sociaux. Avouerait-on son goût et son attirance pour son frère cadet de nos jours ?

Pierre Maillet, comme souvent, sait faire simple. Il ne s’embarrasse d’aucun artifice qui l’encombrerait… Il va droit au but. Il nomme les choses simplement sans les illustrer par des effets.

Beaucoup de bonnes raisons d’aller voir ce spectacle tout à fait captivant et absolument pas ennuyeux…

Emmanuel Serafini

Photo © Tristan Jeanne-Valès

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