« LE JOUR OÙ J’AI APPRIS QUE J’ETAIS JUIF », UN LAVAUDANT DECEVANT, BIEN EN DESSOUS DE SA « REPUTATION »

LEBRUITDUOFF.COM – 23 juillet 2018.

AVIGNON OFF 2018. « Le jour où j’ai appris que j’étais juif » de et avec Jean-François Dérec – Mise en scène : Georges Lavaudant – Théâtre du Chêne Noir du 6 au 29 Juillet à 18h45 (Relâche les 9, 16 et 23 Juillet) – Durée : 1h15

Autant dire que la proposition était alléchante. L’immense Georges Lavaudant mettant en scène Jean-François Dérec dans un texte intimiste présenté au Chêne Noir, autre institution du théâtre avignonnais. Dire que Georges Lavaudant est une légende du théâtre français n’est pas exagéré, des centaines de mises en scène, Odéon, Comédie Française, Festival d’Avignon… Chacun pouvait donc s’attendre à de l’inattendu pour ce spectacle avec un comédien plus habitué au stand-up qu’à une introspection touchante. Mais autant éviter de faire attendre davantage les lecteurs du BDO. Ici point de magie. Belle déception déjà quant à la mise en scène, comme bâclée à la va-vite, une scénographie sûrement dessinée sur la nappe d’un bar grenoblois entre les deux copains Jean-François et Jo comme le comédien aime à appeler son camarade de toujours, Georges Lavaudant.

Au milieu de la scène un rond blanc et Jean-François Dérec au milieu, belle sape, costard noir à la façon d’un stand-up new-yorkais des années 90. Inutile de cacher plus loin notre léger agacement pour ce spectacle qui aurait pu être un bon moment de théâtre si les deux protagonistes s’étaient un peu bousculés afin de sortir chacun de sa zone de confort.

Agacement encore car le texte de Jean-François Dérec est plutôt bon, mais à force de ne jouer que le détachement, le public se perd entre des moments qui se voudraient tendres et intimes et des gags parfois drôles mais toujours légers sur la découverte du comédien de sa judéité. Le comédien est-il à ce point traumatisé qu’il n’ose pas surprendre par plus de sincérité et d’émotions ou est-ce juste de la lassitude ou un peu, osons le mot, de dilettantisme ? Une belle déception, et un peu de tristesse, pour ce spectacle qui est passé à côté de quelque chose qui aurait pu être grand, plus dérangeant, différent pour les deux protagonistes, ce grand metteur en scène et ce comédien attachant, et avant tout, pour les spectateurs de ce Off. Dommage.

Pierre Salles

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