« TU SERAS UN HOMME PAPA », BOULEVERSANT

LEBRUIDUOFF.COM – 24 juillet 2018

AVIGNON OFF. « Tu seras un homme papa » – De et avec Gaël Leiblang – Mise en scène : Thibault Amorfini – Théâtre La Luna du 6 au 29 Juillet à 17h25 – Durée : 1h.

Attention ! Uppercut pour ce seul en scène qui n’en est pas un. Durant près d’une heure le comédien Gaël Leiblang nous conte ces 13 jours de combat contre le destin et la mort, 13 jours d’alternance d’espoir et de désespoir pour cette famille à la naissance de leur fils Roman, prématuré de deux mois, chez qui les médecins, peu à peu, vont découvrir diverses malformations prénommées « syndrome CHARGE », acronyme dont chaque lettres représente une malformation plus ou moins grave du nouveau-né.

Seul en scène, oui ! Car le comédien Gaël Leiblang, qui a écrit d’après son parcours de vie ce magnifique spectacle est là face à nous avec toute sa charge émotionnelle, toute sa force à crier ce combat qui, heure par heure, nous conduit vers une fin dont, par intuition, nous connaissons l’issue, le combat est perdu d’avance. Mais un seul en scène qui n’en est pas vraiment un tant le comédien et le metteur en scène, Thibault Amorfini, ont su donner vie à tous les protagonistes de ce moment de vie. Sans jamais se mettre dans la peau d’autres personnages, Gaël Leiblang, en traçant simplement les contours de leur absence sur scène, avec simplement quelques gestes ou quelques regards, leur donne joliment vie, avec pudeur.

Aucun décor sur scène, très peu d’accessoires ou d’effets. Quelques bruitages subtils donnent corps à l’ensemble et réveillent devant nous ce passé, cette cicatrice que l’auteur et comédien Gaël Leiblang nous décrit dans un propos qui exclut le pathos. Le comédien met en avant l’immensité de l’amour de parents pour ce petit tout juste né et déjà happé par la mort ainsi que son engagement total pour nous décrire cette reconstruction qui n’est jamais basée sur l’oubli mais bien sur le tissage de liens familiaux forts pour que Roman soit encore avec eux dans les cœurs.

Sur scène, face à la mort, le comédien se bat comme il affronterait une montagne ou comme dans un combat de boxe, il grimpe, court, saute, donne des coups et en reçoit beaucoup, épuisé par ce combat perdu d’avance mais dont il ne peut refuser le face à face.

Autant dire que le public sort de la salle les yeux humides et la gorge nouée, évidemment touché par cette histoire vraie que vient de lui offrir Gaël Leiblang, mais aussi par la force de cette famille soudée et par celle de cet homme, ce comédien, qui a su délivrer sur scène une parole vitale pour lui et qui a eu l’intelligence de rendre son histoire universelle. Un très beau moment de théâtre à ne surtout pas manquer !

Pierre Salles

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