« PRIMO LEVI ET FERDINANDO CAMON », CONVERSATION DEPUIS LE FOND DE L’ENFER

LEBRUITDUOFF.COM – 11 juillet 2019

AVIGNON OFF 19. « PRIMO LEVI et FERDINANDO CAMON : Conversations, ou le voyage d’Ulysse » – D’après F.Camon : Conversations avec Primo Levi – Présence Pasteur., du 5 au 28 juillet 2019 à 10h35.

Deux fois deux chaises : en biais et à gauche de la scène ; les deux autres faces aux spectateurs.

Entrent deux personnages : l’un est Primo Levi, docteur en chimie, ( rendu célèbre après la parution de son livre : « Si c’est un homme »), le second Ferdinando Camon, écrivain, journaliste.

Ferdinando Camon écoute attentivement les propos que lui tient Primo Levi/ Eric Cénat : vraisemblablement, s’agit-il des réflexions sur son livre : « Si c’est un homme ».
Il parle du camp de concentration où il fut déporté en 1943.
Au Lager d’Auschwitz, il est « un déporté comme un autre ».
Il tombe malade. Ça lui évite de partir pour un autre camp ou pire encore…
Ses propos ciselés livrent une description de ce que fût, pour lui, le fascisme mussolinien, le nazisme, Hitler, le racisme.

C’est un peu dérangeant d’entendre parler d’Auschwitz en ces termes : « oui, pour moi, Auschwitz fut, pour celui qui a dépassé les circonstances du malheur , une gigantesque expérience biologique et morale. J’ai beaucoup appris sur les hommes et sur le monde ».

Répondant aux questions de Gerard Cherqui/ Ferdinando Camon, il nie la solidarité, la fraternité, ces valeurs absolues de la vie. « Non, elles n’existaient pas entre chaque individu des camps ».

Il ne laisse rien au hasard.

Nous sommes comme hypnotisés par l’intelligence du texte.
Le ton est juste. L’analyse parfaite : une saine intelligence.

Eric Cénat/ Primo Levi nous a proposé un texte discursif magnifiquement écrit. Il exprime syntaxiquement et sémantiquement une interrogation, la seule interrogation qui importe vraiment : Est-ce que c’est un homme qui…

Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain
Qui meurt pour un oui ou pour un non
Considère si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid…

Absolument hypnotique.

J’y cours, j’y cours .

André michel Pouly

Interprètes : Éric Cénat et Gérard Cherqui.

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