« VENTRE », L’EROSION DU SENTIMENT AMOUREUX

ventre

LEBRUITDUOFF.COM – 15 juillet 2019

AVIGNON OFF 19. « Ventre » – De Steve Gagnon – Mise en scène et scénographie Vincent Goethals – Présence Pasteur – 5 au 27 juillet 2019 à 20 h 10.

Décor : des chaises défoncées, un lampadaire sous une protection en plastique, dans le coin opposé, une baignoire. On dirait un appartement en état de réfection.

Derrière un immense voile translucide, une silhouette, menue, vocifère plus qu’elle ne parle. Si on ne comprends pas tout, tout de suite, la violence des propos est sans ambiguïté : elle enrage de trouver porte close, elle veut s’expliquer. Le malaise est patent. Elle l’a trompé et veut s’expliquer. La porte cède.

De la baignoire sort un homme, jeune. Il est en colère parce que la porte a été cassée par l’inconnue, qui n’est autre que sa copine, mais aussi et surtout par le fait qu’il sait lui, pourquoi il est dans cet état de régression corporelle ; il sait que sa copine l’a trompé. Il est comme pétrifié, quasi mutique.

Il ne s’attendait pas à ce qu’elle revienne s’expliquer de l’avoir trompé.
Est-ce là une tentative de réconciliation ?Lui ne parait pas très à l’aise face au torrent de mots disruptifs qui exacerbent son mécontentement.Ce jeune couple n’est-il pas , subitement, confronté aux affres de la rupture ?

Ce tandem, dont on imagine l’aspect fusionnel de leur relation, emploi un franc parler; sans ambiguïté, violent, parfois cru.C’en est presque trop. Son amie parle, parle, parle comme si elle voulait combler quelque chose comme jusqu’à l’excéder; il faut qu’il ne reste rien à dire de ce pourquoi ils se déchirent. Elle outrepasse les limites de la satiété jusqu’au dégoût, la nausée. Se sent elle coupable de cette infidélité ? Ou est-ce une foultitude de petits riens qui l’ont fait faillir ?

« On va leur dire que c’est l’temps qu’on se parle pour de vrai
Qu’on parle d’la vie
Celle dans laquelle on est
Celle qui nous fait chier
Souvent
Mais qui est magnifique
Qui est magnifique
Qui est magnifique.
Celle-là qui m’a fait te connaître
Comme celle-là dans laquelle
J’passe pas loin de te perdre
en c’moment
»

Lui, accepte sans « broncher ».

Que fait cette baignoire dans cette pièce ?
Lui, y était pour calmer sa douleur.
Elle, s’y réfugie aussi…

Serait-ce là qu’il faut plonger comme en un bain salvateur, un bain de jouvence pour se laver de l’orgueil et réfléchir sur l’infidélité et l’érosion des sentiments amoureux ? Feront-ils le pacte de ne jamais baisser les bras ? A vous de le découvrir !

« Ça finit qu’on oublie qu’on s’aime. »

La mise en scène de Vincent Goethals, originale, dépouillée, neutre, accentue, paradoxalement, l’idée de chaos dans le couple ainsi que la difficulté de vivre une existence heureuse.

André michel Pouly

Comediens : Julie Sommervogel, Clément Goethals – Création lumière : Philippe Catalano.

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