« LE CORBEAU BLANC », LE DERNIER PROCES D’UN GENOCIDEUR

corbeau

LEBRUITDUOFF.COM – 19 juillet 2019

AVIGNON OFF 19. « Le Corbeau Blanc » – D’après Donald Freed, « Eichmann, autopsie de la barbarie » – mes William Mesguich – Théâtre La Luna – Du 5 au 28 juillet 2019 à 14H15.

Eichmann, les yeux bandés, assis dans une pièce contiguë à ce qui doit être son lieu d’enfermement, la prison de Ramia, près de Tel Aviv-Jaffa. Entre en scène une femme militaire chargée d’interroger l’ancien criminel de guerre afin d’instruire son dossier en vue du procès.

Passé les présentations, empreintes de courtoisie réciproque, un face à face tendu, crispé, se met en place, non sans mal. Eichmann tergiverse, refuse l’instant où il devra s’expliquer sur le rôle exact qu’il a joué dans la mise en place de la logistique de la « solution finale » ayant abouti à la Shoah.

Silences éloquents et poses statufiées des protagonistes, soulignants la scansion du discours sensé donner sens à la parole. Tension palpable.

Les deux acteurs Nadège Perrier et Hervé Van der Meulen, (nommément la psychologue et Eichmann), les deux représentants du « bien et du mal », tentent de reconstituer ce qui a pu être cette volonté de passion et d’action. La psychologue va t’elle amener Eichmann à se souvenir des instants tragiques de ses mises en scènes qui vont participer à l’instauration d’une logistique d’un système de destruction ? Il en faut plus que ça pour dénouer la tension !

Eichmann n’est pas homme de grand caractère pour accepter sa culpabilité. N’a t’il pas tout fait pour être du côté du camp de la tyrannie ? Si nous disons que le mal n’est pas créé par nous ou par d’autres, qu’il naît de ce tissu que nous avons serré entre nous et qui nous étouffe : alors personne n’est coupable ? Les deux protagonistes arriveront ils à réintégrer cette culpabilité erratique ? Rien n’est simple dans cet affrontement…

Et nous, de l’autre côté, pouvons-nous nous innocenter dans la mesure où l’objectivité comporte des définitions différentes de celles qui se présentent dans la conscience de l’individu agissant ? Eichmann ne se reproche t’il pas, uniquement, que ce dont il avait connaissance ?

La pièce est basée sur les archives du procès.

André Michel Pouly

On dit qu’on fait des corbeaux blancs en les exposant à la fumée du souffre.

Publicités

Attention, nos commentaires sont modérés : pas d'auto-promo ou de pub déguisée, ça ne passera pas. Pas plus bien sûr que les insultes. Merci.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • J’Y VAIS / JE FUIS

  • LE BRUIT DE LA BOUCHE

  • mots-clefs / tags

  • Chercher par artiste ou catégorie