« A VIE », CONFIDENCES D’UN CONDAMNE A MORT

à vie

lebruitduoff.com – 14 juillet 2021

AVIGNON OFF 2021. « A vie » – m.e.s : Sebastien Bournac – au théâtre du Train Bleu à 10h – durée : 1h05 – jusqu’au 26 juillet 2021 – relâche le 20 juillet 2021.

La parole est donnée à un condamné à mort interprété par Francois-Xavier Borrel. Le cas « Peter Jömscmidt » fut l’objet d’une analyse clinique, étude menée sur les meurtriers condamnés à perpétuité. Un seul en scène et à nu, puisque la technique de vidéo en kaléidoscope n’a pas pu se faire ce jour-là.

Le comédien narre l’histoire de vie d’un meurtrier, sa petite enfance, son adolescence jusqu’à sa vie d’adulte et de père de famille, pour conclure avec la commission du meurtre. Une histoire très touchante car le protagoniste délivre dans les moindres détails son existence auprès de sa famille, les humiliations subies ou les abus de faiblesse qu’il a dû endurer sans jamais se révolter ou remettre en cause sa condition ou sa situation au sein de sa famille. Le
récit se passe pendant la période d’après la seconde Guerre où les enfants ne tenaient pas encore une place essentielle, comme parfois de nos jours.

Plus le récit avance, plus on oublie qu’un meurtre va être commis, on tend à penser qu’une fin heureuse va arriver, bien que les signes d’épuisement psychique et psychologique vont crescendo, l’issue du burn-out est inévitable. Dans sa narration, l’auteur du récit revient sur les points anormaux qu’il a pu traverser et reconnaît qu’il aurait dû
faire autrement, mais le « trop tard » quasi permanent sur sa rétrospective subsiste et demeure irrémédiable.

Le comédien Francois-Xavier Borrel fait vivre ce récit témoignage sur un fil émotionnel palpable, accentué d’une anxiété permanente. Si le récit est touchant, l’interprétation est quant à elle primordiale et bien incarnée. L’ambiance du plateau est plutôt sombre, le suspense persiste jusqu’à la fin malheureuse.

Un récit touchant mais qui ne renvoie guère aux grands meurtriers les plus connus ; on peut facilement identifier un proche ou soi-même dans ce spectacle, mais ici c’est l’interprétation dans son aspect des plus sensible d’un homme
que l’on retiendra avant tout.

Un spectacle à découvrir sans pour autant en sortir bouleversé.

Béatrice Stopin

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