« FIN DE PARTIE », DENIS LAVANT + JACQUES OSINSKI = UN GRAND MOMENT DE THEÂTRE

Fin-de-Partie-une-si-belle-fin-du-monde-en-Avignon

lebruitduoff.com – 22 juillet 2020

AVIGNON OFF 2022. « Fin de Partie » De Samuel Beckett – Mise en scène : Jacques Osinski – au Théâtre des Halles du 7 au 28 Juillet à 16h00 – durée 2h.

Il est certain qu’aller voir un Beckett avec le monde qui nous entoure et les catastrophes annoncées n’est pas de nature à rassurer sur le genre humain et son avenir sur terre.

La terre est dévastée, Hamm (Frédéric Leidgens) en fauteuil roulant donne ses ordres à Clov (Denis Lavant) seul à pouvoir se déplacer malgré sa jambe qui le fait souffrir, sous l’œil des parents de Hamm (Peter Bonke et Claudine Delvaux), tous deux amputés des jambes et « entreposés » dans deux poubelles sur scène.

Comme à son habitude les mots de Beckett ne servent pas l’intrigue mais participent aux jeux des comédiens comme le ferait une échelle sur scène ou une gaffe. Ici comme dans « Oh les beaux jours » tout est question de répétition et du temps qui se distend à l’infini. Impossible de savoir s’il s’agit réellement d’une fin de partie ou si le fil des évènements sera le même le lendemain. En clown de l’absurde, Denis Lavant à maintes fois démontré qu’il maîtrise parfaitement le jeu nécessaire aux œuvres de Beckett et, là encore, il excelle. Le moindre de ses gestes, la plus minuscule de ses mimiques plonge immédiatement le spectateur dans l’absurde et Frédéric Leidgens en impotent tyrannique campe un Hamm qu’on aime à détester.

La mise en scène de Jacques Osinski étire parfois le temps, pour certains un peu trop, mais ces silences autant que la répétition des mots ne sont-ils pas in fine ce qui crée cette tension permanente et ce désir inassouvi du quelque chose qui n’arrivera jamais ou, a contrario qui se répète à l’infini ? Beckett et ses multitudes de didascalies laissent peu de place au metteur en scène mais, paradoxalement, aucune des pièces montées de Beckett ne se ressemble, preuve s’il en est que les mots et les silences suffisent à créer suffisamment de liberté pour que chacun construise ce monde imaginaire, toujours singulier.

Denis Lavant est toujours attendu par les festivaliers dans ce type de rôle et, une fois encore, entouré de trois formidables comédiens et dans le cadre d’une mise en scène au cordeau, il parvient une fois encore à offre au public un beau et savoureux moment de théâtre. A voir !

Pierre Salles 

Photo Pierre Grosbois

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