« HELEN K. », UN BEAU MOMENT D’ESPERANCE EN L’HUMANITE
lebruitduoff.com – 15 juillet 2022
AVIGNON OFF 2022. « Helen K. » – Elsa Imbert – Au 11. Avignon – 7 – 29 Juillet à 12h05.
D’après une histoire vraie…
Après mon article sur « On ne parle pas avec des moufles », spectacle chorégraphique, ô combien utile, de Denis Plassard, au théâtre Golovine d’Avignon, mes pas m’ont porté vers le 11.Avignon pour voir le spectacle, chaudement recommandé par des amis, Hélène K. et sans en connaître le sujet…
Aussi, dois-je rectifier ce que je disais, sur près de 1600 spectacles du OFF, il n’y pas un mais au moins deux spectacles en LSF, celui de Denis Plassard et ce Hélène K, mis en scène et écrit par Elsa Imbert que je vous recommande vivement.
Il s’agit, ni plus ni moins, de la vie INCROYABLE de Hélène Keller, aveugle et sourde, suite à une maladie infantile et qui fera Harvard, écrira des livres, sera militante toute sa vie…
Avec un simple trio de comédiens : Marion Lucas, Noémie Pasteger, Stéphane Piveteau, tous les trois si formidables, Elsa Imbert arrive à faire vivre cette épopée. Avec Adeline Caron, elle a pensé un décor à la fois beau et simple qui permet, telle Alice au pays de la vraie vie, de marquer le temps, de faire comprendre simplement les enjeux puisque ce spectacle s’adresse en priorité au jeune public… Ceux qui ont recours au talentueux Thierry Thieû Niang peuvent penser aussi à solliciter la chorégraphe Cécile Laloy qui se débrouille très bien à diriger ces corps, à trouver des astuces belles et drôles qui égaient un peu ce spectacle qui pourrait vite tomber dans le pathos…
Cubes en bois et arbres encombrent la scène. La jeune Hélène K. s’aperçoit au loin, les narrateurs plantent l’histoire… On est parti pour une heure avec cette incroyable personnage qui va bien polariser notre attention et pour laquelle l’empathie sera réelle. Une belle petite fille donc, Hélène, la joie de ses parents… Une scarlatine plus tard et c’est la vie qui bascule… De la joie on va passer au doute… Heureusement, aux Etats-Unis où ils habitent, un institut aux méthodes expérimentales mais satisfaisantes recommandent aux parents Annie Sulivan qui va devenir la gouvernante de cette jeune enfant lourdement handicapée. Elle va la faire éclore, ni plus ni moins. Bel hommage à l’enfant dont on estime les efforts surhumains, bel hommage à son éducatrice qui saura avec patience lui permettre une plus grande autonomie…
Fresque humaine où les doutes côtoient les certitudes. Moment de beauté aussi avec une part immense à la langue des signes… Instant d’ouverture au monde et besoin de confiance renforcé… On ressort de là avec un peu plus d’espoir en l’Humanité…
Emmanuel Serafini
Photo Pascale Cholette