« LA GUERRE DES ÉMEUS », UNE FABLE PAS SI ABSURDE ET UN RIRE QUI GRATTE

lebruitduoff.com – 9 juillet 2026
La guerre des émeus – Texte et distribution : Antoine Le Frère – Florent Oulkaïd – à la Factory Tomasi du 3 au 25 juillet 2026 – 19h45 Durée : 1h10 – relâche les jeudis 9, 16 et 23 juillet
Qui a dit que la guerre était une affaire sérieuse ? En 1932, l’Australie décide d’envoyer son armée combattre… des émeus. Oui, ces grands oiseaux incapables de voler mais parfaitement capables de ridiculiser des soldats équipés de mitraillettes. L’Histoire est parfois un auteur bien plus inspiré que les dramaturges mais encore faut-il savoir s’emparer de cette pépite. Antoine Le Frère et Florent Oulkaïd, à la fois auteurs et interprètes de cet spectacle y parviennent avec une gourmandise communicative.
À partir de cet épisode authentique, ils bâtissent une farce où l’absurde ne cesse de croiser le réel car derrière cette armée qui s’obstine à livrer bataille à de grosses poules sur-vitaminées façon BipBip, c’est notre irrésistible penchant à répondre à tout par la démonstration de force et la violence jusque boutiste qui est gentiment passé à la sulfateuse.
Le dispositif scénique est simple, classique dans un Off mais efficace et suffisant. Quatre gros cubes, quelques accessoires et voilà le plateau transformé au gré des besoins pour nourrir le jeu de ces deux lascars et du jeu, il y en a, les deux auteurs-comédiens débordent d’énergie. Ils cavalent d’un personnage à l’autre avec une précision d’horloger et une vitesse qui ferait presque passer les émeus pour des animaux placides. Soldat un peu simplet, général frappadingue aux accents du sergent-artilleur Highway, politicien opportuniste ou femme au foyer qui découvre, à l’occasion de cette guerre improbable, que son mari est surtout un imbécile et que le monde gagnerait peut-être à changer de logiciel. Tout ce beau monde existe en quelques gestes, quelques regards, quelques inflexions de voix.
L’écriture fait mouche en laissant les situations produire leur propre ridicule. On rit souvent, mais d’un rire qui gratte, celui qui rappelle que la bêtise n’a ni nationalité, ni époque, et que les emballements guerriers naissent souvent d’un mélange peu reluisant d’orgueil, de virilité mal placée et de calcul politique.
Sans prétendre réinventer le théâtre dans ce Off d’Avignon, La Guerre des émeus réussit simplement à nous raconter une histoire, nous faire rire franchement et glisser, entre deux éclats de rire, quelques coups de bec bien sentis contre nos certitudes. Un spectacle généreux, porté par deux interprètes aussi complices qu’infatigables. Un bon moment.
Pierre Salles
Photo Théâtre 100 noms






























Gouiran
dit :Votre commentaire est en attente de modération
18 juillet 2026 à 12:47
Cet épisode réel de l’histoire de l’Australie en 1932 est en lui même si absurde qu’il n’était pas la peine d’en souligner lourdement le ridicule par une débauche d’énergie balourde digne du Paradise République !
Un premier ministre idiot , un général ganache au langage ordurier puissance 10 ( à côté de lui , le sergent instructeur de Full métal jacket’ semblerait un enfant de chœur ) , des trouffions qui se croient vraiment à la guerre alors qu’il s’agit de battues et de chasse , des opposants écolos avant l’heure aussi stupides que les militaires ( et qui n’ont sans doute pas existé…), n’en jetez plus ! On est, somme toute, dans un comique assez gras qui perso ne m’a pas fait rire et tout juste sourire à 2 ou 3 reprises . Les 2 comédiens font plutôt dans la grosse batterie que dans l’humour décalé du meilleur café-théâtre …
je crois qu’il vaut mieux explorer la programmation de la Factory toutes salles confondues pour y trouver des spectacles un peu plus dignes d’ intérêt …
Perso , c’est la seule grosse déception de mes 15 jours de Off..