« LA BELLE SCÈNE SAINT DENIS # 1 » : 3 NOUVELLES PIÈCES QUI MÉRITENT NOTRE ATTENTION

lebruitduoff.com – 10 juillet 2026

LA BELLE SCENE SAINT DENIS # 1 – Programmes Danse – Du 8 au 17 juillet – Théâtre La Parenthèse.

D’abord continuer !

Cette année encore, cette année toujours — mais pour combien de temps ? Comme le rappelle la directrice du Théâtre Louis-Aragon de Tremblay-en-France, qui organise ce plateau de découvertes des talents du département de la Seine-Saint-Denis et déplore l’absence de politique culturelle concertée, la crise structurelle, économique et même de service public que traverse le spectacle vivant ces derniers mois. Cette année encore, donc, la Parenthèse ouvre son plateau à trois chorégraphes soutenus par cette scène conventionnée danse.

Le premier extrait d’un travail de recherche en cours sera OS de Youness Aboulakoul, qui a commencé son travail avec le danseur Pep Garrigues. Pour ce dernier, il a créé un solo de 30 minutes impressionnant par sa qualité, son économie de gestes et la présence forte, même tôt le matin, que requiert cette danse. Celle-ci habite l’espace et prend appui sur un geste délicat du bras, une articulation des mains l’une contre l’autre, paume ouverte ou paume fermée. Le son est central dans cette délicate performance : il agit comme un tuteur à ce cheminement dans un espace contraint, mais que le danseur occupe avec précision.

La seconde proposition est portée par Dafné Bianchi, qui propose La breva, un duo bercé d’Italie avec sa sœur Anaïs Mauri. Elles nous plongent dans un krump très doux et dans une fiction inspirée de leur vie de famille en Italie. Le temps s’étire au fil des souvenirs qui reviennent. Les deux sœurs sont complémentaires, mais partagent la même énergie.

Enfin, la troisième proposition, Gounouj in situ, est portée par Léo Lérus, un jeune chorégraphe venu de Guadeloupe qu’il faut avoir à l’œil. Sa composition chorégraphique, portée par des danseurs particulièrement performants — notamment Robert Conejo, qui explose littéralement lorsqu’il rejoint les trois autres sur scène —, donne l’occasion à Johana Malédon de montrer toute l’étendue de son talent. L’écriture est subtile et maîtrisée. La chaleur avignonnaise aide à restituer le climat de l’île où vit ce petit batracien exotique…

Trois propositions artistiques qui révèlent bien la créativité de ce coin de France si décrié… Vivement les programmes 2 et 3 !

Emmanuel Serafini

Photo : OS de Youness Aboulakou

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