« LIBRE DE COJEAR », FRIDA KAHLO EN MAJESTÉ

lebruitduoff.com – 14 juillet 2026
LIBRE DE COJEAR – Compagnie Prosodie. – La Scierie, Studio. – Du 4 au 25 juillet à 15h00. 55mn – Relâche 15 et 22.
Fière. Droite. Devant nous. Dès son entrée. Elle le sera jusqu’au bout. Au-delà de la douleur. Au-delà de tout. Fracassée elle sera debout. Fière et droite.
De sa belle voix grave et puissante, peut-être un peu trop dans cette petite salle de la Scierie, Ana Lovo nous emmène en espagnol surtitré, dans le sillon de l’immense Frida Kahlo. Avec les mots d’Alice Schwab.
L’accident terrible du bus numéro 15. La collision avec le tram. Tragique du destin. Quelques chaises renversées suffiront à dire la bascule. Le constat clinique fera le reste. Corps cassé. Brisé. Démantelé. Bousillé à jamais. Comme ces bribes de corps. Marionnettes qui dessinent habilement les autres personnages.
Toutes ces lettres accumulées. Restées sans réponse. Tout cet amour qui vibre de l’intérieur. Toute cette peinture qui emplit tout. Même le désastre. Surtout ça. L’insupportable. L’indicible. Diego. Diego mon amour. Quand elle est « crucifiée par la douleur et par l’angoisse. Une pluie d’or sur l’accident. » Clouée au sol. Dans ce tutu rose dérisoire. Jeu d’un habile trompe-l’œil. Danser sur des corps endormis. Frida vole. Et ce murmure soudain. Frida est folle. Lentement quitter ce costume noir qui l’abrite depuis le début. Lentement un pas de danse. Brisée. Heureuse. « Libre de moi entièrement. » Emplie de don Diego. Mais jamais de réponses à ces paquets de lettres. Fatiguée. Désarticulée. Seule et vieille. Une odeur de tequila. Rejoindre les Aztèques. Couleur et fleur rouge pour les morts. Un 13 juillet de 1954. À Coyoacán. Mexique. Elle s’appelle Magdalena Frida Carmen Kahlo. Elle est debout devant nous. Fière et droite. Libre de boîtier. Un instant précieux.
Arthur Lefebvre





























