« MA NUIT À BEYROUTH », COMME UNE LUEUR D’ESPOIR

lebruitduoff.com – 15 juillet 2026
MA NUIT À BEYROUTH – Compagnie Dyptique Théâtre – Mona El Yafi et Nadim Bahsoun – Le 11 – Du 4 au 23 juillet à 19h15 – durée 1h15 – Relâche le 17.
Nuit d’hiver au Liban. Une file d’attente pour renouveler un passeport. À priori simple démarche. Sauf quand le pays est détruit. Désorganisé. En pleine crise économique. Les nuits vont se succéder. Identiques les une aux autres. Réglées comme une diabolique machine. Tenter d’obtenir le ticket pour obtenir le précieux graal. Un passeport. Passe-port quand celui de Beyrouth vient d’être entièrement explosé. Ironie du vocabulaire. Absurde situation. Les voitures filent vers la montagne. Les phares illuminent parfois la nuit.
Nadim Bahsoun danse cette douleur des corps dans l’attente. Dans le froid des nuits immobiles et incertaines. Répétées. Comme éternelles. Et le mouvement se refait. Inlassablement. Gestes cassés. Heurtés. Le corps du danseur se brise contre l’impuissance et la résignation. Mona El Yafi est Aïda. Elle raconte la file. Le système. Le triste quotidien. Elle prend le contre-point avec les mots. Pour dire ce chemin si long. Si difficile. Si compliqué. Si inhumain. Dans le désordre et le plus rien d’un peuple bien impuissant et résigné.
Corps et mots s’unissent, rebondissent et résonnent à l’unisson. Dans cette invraisemblable et insupportable suite nocturne. Avec humour et poésie, des bribes de musique électronique ou arabe le récit s’unit au corps désarticulé. Il emmène avec lui les pantins du voyage dans de belles et astucieuses images. Un mur pour s’y taper la tête. Ou noyer tout le corps et ses rêves de liberté. Passeport pour s’envoler ailleurs.
Aujourd’hui plus que jamais ce spectacle pourtant sans tristesse résonne et interpelle. Combien sont-ils à rêver dans le sombre de la nuit à juste un peu plus de lumière ? Telle cette couverture de survie. Déployée comme mille tickets d’or. Belle image d’espoir. Peut-être celui d’une paix et d’une liberté retrouvées.
Sobre et limpide, cette danse-récit est un moment attachant. Un spectacle simple et sensible.
Arthur Lefebvre

Photos Marie-Clémence David






























merci BCP pour cet article et merci de corriger l’orthographe du nom de l’artiste SVP c’est Nadim BAHSOUN