AVIGNON OFF 2021 : UN MIROIR AUX ALOUETTES ?

Miroir-aux-alouettes

BILLET : AVIGNON OFF 2021, un festival en trompe-l’oeil

Malgré l’optimisme affiché du président d’AF&C Sébastien Benedetto dans la presse locale, il semble que l’on s’achemine vers un OFF tronqué en grande partie, tous les opérateurs -directeurs de salles, compagnies notamment- ne partageant pas vraiment l’enthousiasme (très) relatif qu’AF&C communiquait lors de son dernier point presse.

En effet, beaucoup d’incertitudes demeurent, quant à la présence des compagnies pour le moins frileuses d’engager des dizaines de milliers d’euros sur cette édition qui s’annonce bancale, quant à la volonté indéfectible d’ouvrir « quoiqu’il en coûte »  des directeurs de salles, en réalité toujours dans le flou pour ce qui concerne les dispositions sanitaires et de jauge que le gouvernement et les collectivités comptent leur imposer.

La présence en nombre du public demeure elle aussi une projection totalement floue et aléatoire. Et ne parlons pas des programmateurs, dont rien ne nous dit qu’ils feront montre d’enthousiasme à faire le voyage pour cette édition pour le moins exceptionnelle… c’est le moins qu’on puisse en dire.

Sebastien Benedetto annonce témérairement un petit millier de spectacles -une « prévision », presque une prophétie, en tout cas certainement pas un fait appuyé comptablement : en réalité il table plutôt sur 900 spectacles (ce qui nous paraît douteux) et 108 salles ouvertes (!). 108 « théâtres », parmi lesquels beaucoup sont des « théâtricules » de moins de 50 places, dont on peut sincèrement douter de leur intérêt à ouvrir…

En tout cas, tout ceci en ce 5 mai reste à se vérifier, pour notre part ayant des retours plutôt inquiets de la part de compagnies ou de directeurs des salles non subventionnées, pas certaines  d’ouvrir avec des conditions sanitaires qui pourraient bien s’avérer drastiques, des jauges amputées, et une fréquentation en berne. Ce qui, on le conçoit, pour les théâtres dont la location de créneaux est la seule recette -et donc la dépendance au bon vouloir des compagnies, loin d’être elles-mêmes toutes subventionnées, est absolue- cette ouverture « malgré tout » s’apparente à un pari un rien casse-cou, en tout cas très « sportif ».

Signe manifeste de l’incertitude généralisée, la deadline repoussée au 17 mai pour l’insertion des programmes dans la « bible » d’AF&C, le fameux catalogue du OFF*. Ce qui s’avère également très sportif pour la réalisation dans les délais -et la distribution- de ce pavé de plus de 400 pages, habituellement édité à 120 000 exemplaires. Et même si l’affiche 2021 du OFF (on n’en fera pas de commentaire esthétique…)  a été dévoilée ce 4 mai, se voulant le signe d’un optimisme résolu et d’une « renaissance », le doute et l’inquiétude sont dans toutes les têtes…

Il est urgent d’attendre… Voici en quelques mots ce qui pourrait caractériser l’état d’esprit qui règne en ce 5 mai à Avignon, terre de festivals.

Martin Zell

*Le « catalogue » d’AF&C, qu’ils s’obstinent à nommer « programme » alors que ce n’en est pas un, puisque aF&C ne programme rien dans le OFF, mais se contente simplement de collecter sans vérification des sources des communiqués de presse ou les présentations de spectacles émanant des compagnies elles-mêmes, référençant (moyennant contribution sonnante et trébuchante et qui constitue chaque année pour AF&C un joli pactole) sur plus de 400 pages les quelque 1600 spectacles du OFF (chiffres de 2019). Ce pavé indigeste et illisible de plus de 900 grammes est imprimé en Espagne et nécessite tout de même en temps normal plus de 2 mois et demi a minima de réalisation : même s’il ne contient aucun rédactionnel d’AF&C sur les spectacles eux-mêmes (ceux-ci étant fournis par les prods ou compagnies, bonjour l’objectivité et la déontologie), il n’en demeure pas moins qu’il faut les relire et les corriger ortho et typo (sauf qu’aucune donnée envoyée par les souscripteurs n’est expertisée : soutiens, extraits de presse quelque fois même bidonnés, en tout cas jamais vérifiés par AF&C), envoyer et réceptionner les BAT (bon à tirer), optimiser la maquette (qui se fait automatiquement par des cases pré-établies que les compagnies et théâtres remplissent eux-mêmes en ligne) ainsi que l’iconographie etc. Et surtout finaliser le document et l’imprimer à 120 000 exemplaires les années « normales »  (même si en 2021 il le sera vraisemblablement à beaucoup moins), sans parler de la réception des nombreux semi-remorques dans des entrepôts dédiés puis de la distribution du-dit catalogue dans les 140 lieux concernés : Bref, on voit mal comment AF&C va se sortir de cette ornière en donnant comme deadline le 17 mai, sachant qu’habituellement les autres années « normales »,  avec une deadline de remise des documents bien antérieure, ils ont du mal à distribuer effectivement dès le 7 juillet… Bon courage !

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