« ET Y A RIEN DE PLUS A DIRE », COPIE A REVOIR

Et y'a rien de plus à dire » De Thierry Simon

lebruitduoff.com – 21 juillet 2021

AVIGNON OFF 2021. « Et y’a rien de plus à dire » De Thierry Simon – Mise en scène de Thierry Simon et Sylvie Bazin – Au Théâtre 11 (Lycée Mistral) – du 10 au 29 Juillet à 11h00.

« Elle » a 16 ans, rebelle, capable de tous les excès et de montées de violence intenses lorsqu’elle ressent une situation comme une injustice à son encontre ou envers ceux qu’elle aime. Tout bascule lors d’un accident dont elle est la cause et qui va la conduire en hôpital psy. Puis là, une rencontre, avec Tristan, un jeune à la dérive comme elle, puis avec une éducatrice spécialisée qui va l’ouvrir au monde.

Sur scène en bi-frontal, au plus près du public, la comédienne Suzanne Emond interprète cette jeune fille emplie de violence et d’incompréhension du monde qui l’entoure. Le texte de Thierry Simon est direct et frappe comme un uppercut, phrases courtes et répliques cinglantes. Le public entre rapidement dans la vie de cette jeune fille élevée par son seul père, trop absent, trop distant pour elle. Au travers de cette tranche de vie assez linéaire, Thierry Simon décrit avec justesse le parcours chaotique d’une jeune fille ne parvenant pas ni à trouver ni à comprendre sa place dans ce monde. Il semble qu’à la mise en scène, Thierry Simon et Sylvie Bazin aient voulu coller au plus près du texte, le résultat obtenu occupe souvent trop d’espace par rapport au jeu de la comédienne qui, sans nous emmener profondément dans les tourments de cette jeune fille, ne démérite pas. Le texte, trop verbal, enferme la comédienne dans un style de jeu somme toute assez répétitif. Dommage de ne pas avoir laissé plus d’espace de jeu et de création à une comédienne qui en avait le potentiel.

Le dispositif bi-frontal, qui place le public face à face, à quelques centimètres d’une scène longue et étroite, permet effectivement d’être au plus proche du désarroi et de la colère interprétés par Suzanne Emond. Bien que ce dispositif soit malin au niveau de la diffusion avec un spectacle pouvant se monter dans n’importe quelle salle, il faut noter que la tristesse de cette « salle » du Off, hors les murs du théâtre 11, enlève une part de magie au spectacle. Être assis sur des bancs sommaires dans une sorte de salle de classe à la clim approximative n’est donc pas un atout pour les spectateurs au bout d’une quinzaine de jours de festival.

Un texte à resserrer, à rendre plus vivant, ne serait-ce qu’en donnant plus de liberté à la comédienne et une salle de théâtre digne de ce nom, même sans le bi-frontal qui n’apporte en définitive pas grand-chose à la dramaturgie, permettraient sûrement d’améliorer grandement la vision de ce spectacle.

Pierre Salles

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