AVIGNON OFF : « JE T’ECRIS MON AMOUR », A LA CASERNE DES POMPIERS

LEBRUITDUOFF.COM – 11 juillet 2017

AVIGNON OFF : Je t’écris mon amour – Mise en scène : Jean de Pange – Caserne des pompiers du 7 au 23 juillet à 13h45 (relâche les 10 et 17 juillet)

Un homme, une femme et un écran de smartphone. Le décor est planté !

Nous assistons aux échanges télématiques d’un couple d’amis. Rien de plus banal en ce début de XXIème siècle où les textos et autres réseaux sociaux constituent des moyens de communication courants et familiers pour le meilleur et pour le pire.

Les acteurs s’adressent directement au public et racontent leur aventure. Sur l’écran apparaissent des textos, ce nouveau langage écrit, direct, nécessairement réducteur et parfois chargé de sous-entendus.

Les échanges restent amicaux, affectueux, pudiques, jusqu’à ce que l’un d’eux ose écrire « N’y aurait-il pas quelque chose entre nous ? ». Il y a évidemment beaucoup de choses entre eux et la relation évolue vers une redécouverte de l’autre. Les sentiments longtemps contenus se dévoilent, se cristallisent au fur et à mesure d’échanges de plus en plus passionnés. Le moindre mot, le moindre retard d’un message est interprété, porteur d’espoir, d’inquiétude, de petits moments de bonheur.

Puis la passion amoureuse devient dévorante jusqu’à une sexualité mentale addictive qui accapare, qui fait frémir les corps. On évite à tout prix le téléphone qui pourrait rompre le charme. On craint ce premier pas vers une réalité qui inquiète, qu’on fuit inconsciemment.

Enfin il faut bien arriver à se rencontrer malgré les craintes, à redécouvrir l’autre différemment avec les risques que cela comporte. Que sera ce transfert de l’imaginaire vers le réel ?

La pièce va au-delà d’une simple relation amoureuse télématique. Elle développe la construction mentale d’un imaginaire, l’idéalisation de l’autre aussi bien sur le plan sentimental que sur le plan sexuel. Chacun vit sa passion dans son monde intérieur et s’installe dans le confort d’une fuite de la réalité. On oublie la crainte du réel pour vivre ensemble une véritable passion mentale.

Le texte d’Emmanuel Darley est subtil, réaliste, pudique et développe la construction et la cristallisation progressive de cet amour hors du commun avec un certain art du suspense. On peut regretter que le dénouement de la pièce ne laisse pas plus d’incertitude sur ce que sera le passage à la réalité. L’imagination du public pourrait ainsi faire le reste suivant la perception de chacun.

La mise en scène de Jean de Pange est sobre et met en avant la parole et l’expression des deux acteurs qui transmettent leurs sentiments et leurs émotions intimes avec conviction et réalisme. L’écran de smartphone est utilisé judicieusement. Les textos apparaissent en temps réel et sont parfois spontanés, souvent corrigés, hésitants. Chaque mot est important pour ce que l’autre est censé comprendre ou percevoir.

Jean de Pange et Céline Bodis interprètent ce texte avec finesse et retenue, transmettent les émotions, les craintes, le plaisir et donnent de la crédibilité à leurs personnages.

Ce spectacle, programmé dans le cadre d’une sélection de la région Grand Est, est un bon moment de théâtre qui peut être apprécié de préférence à partir de 16 ans (note du dossier de presse).

JLB

Photo © Romain Kosellek

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